NAI»TS£S
«acrifiez aux promesses de la foi ^ ni plaisir» ^ xd goûts ^ ni superfluités , que Jésus— Christ soit ressuscité^ ou qu^ilne le soit pas ^ en étes-vQus plus ou moins à plaindre ? dès— là cependant vous n^ètes plus chrétien*
Troisièmement ^ elle corrige notre espérance , parce qu^elle nous propose les moyens qui seuls nous donnent droit d''espérer ^ en nous apprenant qu^il n^est pas possible de chercher sa félicité sur la terre ^ et d''espérer en Jé$us-<Christ. Mais de plus^ comme une des causes les plus ordinaires de nos rechutes après la solennité , est de nous persuader que le retour à la grâce est facile ^ et ainsi d^espérer contre Fespérance ^ le mystère de la résur— ' rectioQ de Jésus— Christ corrige cette erreur à commune et si dangereu3e. Car ^ puisque le bienfait de la résurrection n'^a été en Jésu^Christ que Je prix du plus douloureux de tous les sacrifices, et que sa résurrection est le noodèle de la nôtre , nous devons eu conclure, que si nous retombons, il faudra passer par de terribles épreuves , pour arriver au renouvellement de la pénitence^ et même la grâce d^une seconde pénitence nous sera-t-elle accordée , cette grâce qui est rare? Conservcms donc précieusement un trésor si diffi-» die à recouvrer.
n^ Partie. La résurrection de Jésus-rChrist nous apprend à persévérer } elle est le modèle dé notre j c^séi^érance. Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts , ne meurt plus , dit T Apôtre ^ la mort n'a plus d'empire >sur lui^ parce que sa
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rësnrrection renferme un renouvellement entier et parfait^ qu'ail n'^a plus rien de terrestre au sortir du tombeau ij et que la mort a été absorbée dans sa propre victoire. Voilà le modèle et le moyen de notre persévérance. Voulons-nous ne plus retomber P il faut que tout ce qui étoit en nous de terrestre et de mortel soit détruit^ et que nous soyons des hommes tout renouvelés et tout célestes. Cependant Terreur commune regarde le temps pascal comme un temps de relâchement et de repos; mais c^est tout le contraire. Si vous voulez conserver la grâce de la résurrection ^ il doit être pour vous tm temps de renouvellement et de ferveur : en voici les raisons.
1° Si vous croyez pouvoir vous permettre des mœurs plus douces , et un usage plus libre des plaisirs dans le temps pascal ^ parce que PEglise parolt dans Tallégresse en ce saint temps ; faites réflexion que Fallégresse de TEglise n^est fondée que sur la victoire que Jésus-Christ^ et tous les fidèles avec lui^ remportent aujourd'hui sur le péché; qu^aiusi^ si vous êtes encore sousTempire du péché ) elle est encore couverte d^un deuil invisible ^ et gémit en secret devant son Epoux. D'^ailleurs le temps de la vie présente n^cst pas le temps de sa joie : elle y gémit sans cesse; elle soupire sans cesse après sa délivrance; et ses chants . de joie ne sauroient être que des désirs d'^éternîté^ et de vifs empressemens d'hêtre réunie à TEglise du ciel. Voyez si vous entrez dans Tesprit de r Eglise ) en faisant consister le privilège de la
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résurrection dans un usage plus libre des plaisirs, et dans la rareté des prières et des autres devoirs de la religion?
2* Si après une ^vie criminelle , vous avez été assez heureux pour recouvrer en ces jours votre innocence par la grâce des sacremens ^ vous êtes donc de nouveaux enfans de la grâce : or ^ dans cet état d^enfance et de foiblesse , ^us faciles à séduire , ne vous faut-il pas plus de secours ef de précautions pour vous soutenir? D^'ailleurs , si vous ne faites que de sortir de vos moeurs ciimiaelles ^ vous n^avez donc encore rien fait pour les expier. Vous avez, gémi au tribunal , il est vrai ^ mais ce ne sont pas là les seuls fruits de pénitence. Vous n'^avez donc pas encore commencé à expier vos crimes ^ et vous voulez vous pei^ mettre des adoucissemens ^ est-il temps de se reposer à Feutrée même dé la carrière ? D peut arriver (juelquefois qu^à la fin de la course , on se relâche^ mais les commencemens doivent être fervensij C^est là le caractère de la première grace« Si donc vous commencez par la chair ^
.comment finirez-vous par Fesprit ? De plus , votre propre expérience vous apprendra que les tentations ne sont jamais plus violentes que dans un commencement de nouvelle vie 5 parce qu«
le démon ^ furieux d^avoir laissé échapper si proie , met tout en oeuvre pour la recouvrer, Les tentations étant donc alors plus vives ^ et 1» piété plus foible ^ n''est-il pas évident <jue la fidélité
^£té et la yigilaace ne furent jamais plus i^ié-^ cessaires que dans ces commeneemeus P
3" Puisque TE^Sflise 7 en ce saint temps^ fournit moins de secoure extérieurs à la piété des fidèles ^ i^ous devez remplacer ce défaut par un renouvellement de zèle et d^ ttention ^ car pour vous <jui êtes encore foible dans la foi ^ cette privation tie secours sensibles a ses dangers. Il est à craindre que ne trouvant plus autour de vous les appuis extérieurs de la piété , vous ne puissiez vous soutenir tout seul ;j et que la sainte liberté de ce saint temps ^ ne soit pour vous une occasion de ebute et de libertinage. D Valeurs entrez dans Fesprit de TEglise ^ depuis la naissance du Sauveur jusqu'^à sa résuvi-eclion , et à Teffusion de son Eîsprit-Saint que nous attendons^ dlè vous a tenus sous ses ailes ^ pour ainsi dire ^ commo des petits qii^elle enfantoit^ et qu^elle vouloit former à JësusrChrist. Mais désormais ^ ces mystères étant accomplis , elle regarde son ouvrage pomme achevé en vous:j et vous regardant comme de& hommes tout célestes ^ elle se retire dans le secret de son sanctuaire ^ et ne propose à votre piété que le mystère inefiable deTunité de Fessence divine , et de la trinité des personnes ^ qui fait tout! ToccupaHon et tout le culte des bienheureux ;j parce qu^elle croit que vous mènerez désormais une vie toute céleste. Jugez si vous devez vivre selon les sens ^ dans un temps où TEglise suppose que votre vie est enfin toute cachée en Dieu avec Jésus— Christ?