LE JOUR DE PAQUES
SUR Là EÉSURKECTIOX DE NOTRE SEIGNEUR.
Division. Jésùs^Ckrîst mort pour nos péchés ^ ^ressuscite pour nçtre justification. Commenta J. Parce que la résurrection de Jésus-Christ
I^d IHALTSES
nous anime à persés^érer dans la grâce reçue» II. Parce qu'elle nous apprend à y persés^rer. La résurrection de Jésus-Christ^ le nwtjfet le modèle de notre persévérance.
r* Partie. La résurrection de Jésus-Christ nous anime -à persévérer dans la grâce reçue. Eq effet ^ les principales sources de rinconstance des hommes dans les voies dé Dieu , sont ou dans raffoiblissement de la foi ^ ou dans la tiédeur de Tespérance : or , la piété chrétienne trouve dans ie mystère de la résurrection ^ des préservatifs contre ces deux écueils^ et des motifs très-puissaos pouf persévérer dans la grâce.
i"" La piété trouve dans la résurf'ectîoii d^ Jésus— Christ^ des préservatifs contre raffoiblisfiemeut do la foi ^ et cette sente d^incrédulité qm devance presque toujours le crime : car ce mystère est le grand témoignage de la foi chrétienne: c'*est en lui que tous les autres mystères trouvent leur vérité et leur certitude^ puisque^ si Jésu^ Christ est ressuscité ^ notre foi est certaine , h doctrine de TEvaugile est divine ^ ses promesses «ont iniailIiMes« En effet ^ si Jésus-dhrist ^t refi^ juscité 5 il étoit donc un envoyé du ciel ^ pont annoncer aux hommes la doctrine du salut : mt Dieu véritable et fidèle n'aùroit pas voulu ai^ tcMriseF Timposture en la revêtant du caractère de la vérité : donc tout ce qu'il nous a annoncé ft*t véritable. Or, Jé^us-Christ est re&uscité: nous prouvons ce grand miracle aux incrédules ^ premi^ement ^ par les précautions Aièmes que
DES SETtlfÛNS. 879
9es ennemis prirent d'abord après s* mort ^ secondement ^ par la déposition des soldats ^ troisièmement ^ par les apparitions du Sauveur ^ quatrièmement ^ par le doute des ap6tres ^ avant de croire ce miracle ^ et par tout ce qu^ils ont souffert ensuite pour rendre témoignage à la vérité* Et voilà ce qui soutient la foi de Thcmime juste : il voit dans le mystère de la résurrection , tout6 la religion assurée^ les cliatimens dont elle menace^ certains;) ses promesses infaillibles^ et ses pré^ ceptes nécessaires ^ etc. Or ^ quoi de plus propre^ k mettre un frein à Finconstance du cœur dis Fhomme ^ et à Fétablir dans une piété solide et durable , que ces grandes vérités ? Aussi les dîs-^ dples^ témoins de la résurrection de Jésu^Ghrist^ ne se démentent plus ^ et persévèrent jusqù'*à la fin dans la prière , et dans le ministère de la parole sainte.
Mais nous sommes les enfans des , saints qn!
virent Jésus— Christ ressuscité ^ etquiFadorèrent) sur la montagne de Galilée : nous avons vu de leurs yeux et touché de leurs m^ins ^ pourquoi tetoumerions-nous idonc encore en arrière? 1^ ce «lystère rend notre foi certaine et inébranlable ^ pourquoi laisseroit-il encore des inconstances à notre cœur P S'il seroit inonstrueux ^ après tant de preuves'^ dit saint Augustin^ de ne pas croire^ Test^il moins de croire ^ et de vivre comme si Fotf ne croyoit pas?
a* La piété trouve dans la résurrection de Jésus-Christ dés préservati& contre la tiédeux^
Mo ANALTSES
de respérance : car ce mystère ^ premièrement ^ .rassure notre espérance^ secondement^ il la console ^ troisièmement ^ il la corrige. —
Premièrement , la résurrection de Jésus-Christ rassure notre espérance , parce que nous savons , pomme dit l'Apôtre^ que nous lui serons un jour semblables , et que nous suivrons la destinée de notre chef ^ que sa résurrection seroit inutile ^ â pous ne devions pas ressusciter avec lui : nous flavon^ que nos frères qui nous ont précédés avec le signe de la foi ^ et qui dorment en Jésus-Christ dans le sommeil de la paix ^ n'^oat pas péri sans ressource^ quoiqu'ils aient disparu k nos yeux. Or , dans le souvenir de ces Vérités , que de puissans motifs pour affermir une ame dans la grâce et dans le service de Dieu ! puisque nous ressusciterons pour ne plus mourir , nous ne de^ vàns donc rien nous permettre qui ne soit digne de Pétemité bienheureuse.
Secondement, elle console notre espéra née. S la piété à ses douceurs , elle a aussi ses amei^tumes^ puisque la vertu ne se conserve que par des combats et des sacrifices continuels : et si tous vous relâchez un moment, vous êtes perdu. Or^ dans ces dangereuses épreuves , rien ne soutient et ne console Famé fidèle , comme Tespérance de la résurrection : ce corps de péché qui ^appesantit, elle sent qu'il sera bientôt conforme à celui de Jésus-Christ glorieux et ressuscité : dans les af-. flictions qui lui arrivent du côté des ^^réatures ^ il n'en est aucune que oette espérance n'adoucisse*
C^est par cette espérahce , que Job sur son fumier , Voyoît tranquillement son corps tomber en pièces : c^est par cette espérance ^ que les apôtres et les premiers fidèles se réjouissoient dans leurs tribu-* lations : ils croy oient sans cesse voir arriver Jésus- > Christ du haut des airs ^ aussi ^ au milieu des tourmens , ils défioient avec une sainte fierté la barbarie des tyrans. Tel étoit Tesprlt de ces siècles heureux: une vaine spiritualité n^oit pas encore interdit ces divines consolations à la vertu. En effet, le juste seroit bien à plaindre^ s'^îl. n^ avoît pour lui dVspérancc qu^en cette vie. UEvangile^ en Un siens ^ ne fait que des malhéui^ux selon le monde 5 et s^'îl n^ a plus rien à espérer après cette , vie, rien n^égale Finfortune d^un disciple de Jésus- Christ. Aussi point de r%le plus sûre que celleci , pour connoître si Ton est véritablement disciple de Jésus-Christ', ou enfant du siècle. Seriez* vous à plaindre s^il n^ avoit point de résurrection à espérer? si vous n^atteudiez qu^un anéantissement éternel après celte vie, vous faites— vous assez de violence en celle-ci, pour dire .avec TApôtre : Si nous n'espérons fin Jésus-Christ que pour cette vie , nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. Quand la religion ne seroit qu'Hun songe, seriez-vous fort trompé dans vos mesures ? Les premiers fidèles avoient droit de dire , que si Jésus-Christ n'étoit pas ressuscité , tout étoit perdu pour eux ^ eux qui sacrifioient tout à cette espérance:; eux qui n'a voient aucund autre (consolation sur la terre : mais vous qui nt