Tome XIL Morceaux choisis» i
m GRANDETTR DE DIEU.
^j)ornes à rimpétuosîté des flots de la mer^ et comment se forme le prodige si régulier de ses
;piou\emens : expliquez-nous les effets surprenans des plantes ^ des métaux , des élémens : cherchez comment For se purifie dans les entrailles de la
^ Jterre : démêlez , si vous le pouvez , Tartifice infini qui entre dans la formation des insectes qui rampent à nos yeux : rendez-nous raison des différens instincts des animaux : tournez-vous de tous les côtés ;; la nature de toutes parts ne vous offre qnç des énigmes. O homme ! vous ne connoissez pas les objets que vous avez sous Foeil^ et vous voulez voir clah* dans les profondeurs étemelles de la foi?
CARÊME 1*'
GRA]>îDEUR DE PIEU.
Cjrand Dieu^ souverain maître de Funivers^ quel lieu de la terre pourroîs-je parcourir où je ne trouve partout sur mes pas les marques sensibles de votre présence, et de quoi admirer k grandeur et la magnificence de votre saint npm ? Si des peuples sauvages put pu laisser effacer l'idée que vous en aviez gravée dans leur ame, toutes les créatures qulls ont sous les yeux le portent écrit en caractères si ineffaçables et si éclatans , qu'ils sont inexcusables de ne pas vous y reçon— noître. f impie lui-même a beau se vanter qu'il jtie vous connoît pas , et qu'il ne retrouve en luimême aucune notion de votre essence infîaie^
CRARDBUR DS IVIBU. 3
«^est qa^ilvous cheiMîhe dans/soa cœur dépravé^ et daas ses passions ^ Dieu très-saint ^ plutôt que dans sa rakon. Mais ou il regarde du moins autour de lui, il vous retrouvera partout^ toute la terre lui annoncera son Dieu^ il verra les traces» de votre grandeur , de votre puissance et de votre sagesse imprimées sur toutes les créatures; et son cœur corrompu se trouvera le seul dans l'univers , qui n^aunonce et ae reconnoisse pas Tau-» teur de sou être.
L^bomme , dev^^iKi tout charnel , ne sait plus admirer que les beautés qui frappent ses sens; mais s'il vouloit faire taire ses pensées de chair et de sang qui offusquent sa raison :; s'il savoit s'élever au-dessus de lui-même, et de tous les objets sensibles : ah ! il reconnoitroit bientôt que tout ce qu'il y a de plus grand et de plus magniuque dans l'univers , n'est , ô mon Dieu , qu'un trait grossier, une ombre légère de la grandeur,^t delà gloire qui vous environne. Les cieux eux-mêmes, /dont la hauteur et la magnificence nous paroissent jsi dignes d^admiration , disparoissent , comme un atome, sous les yeux de votre immensité. Ces .globes immenses, et si infiniment élevés au-dessus de nous , sont encore plus loin des pieds de votre .trône adorable, qu'ils ne le sont de la terre» Tout nous annonce votre grandeur , et rien ne peut nous m^Ugicsr même une foible et légère iraiage. Elevez donc mon ame, grand Dieu^ audessus de toufceâ les choses vîsSil^. Qm je vous voie et vou$ aime tout seul au milieu de tous le»
4 €RA5t)rirR &E DIEU.
objets que vous avez créés* Qu?ils ne sortent ja-* mais a thoa égard de \énr destioatitm et de leur usage. Ils ne sent faits que pour manifester jos-rqu'^à la fia aux hommes la puissance de celui qui les a créés^^ et lui former des adorateurs^ et non pas pour s''attirer eux-mémcB notre amour et nos hommages.
* Et qu^est-il besoin en effet, mon Dieu, de vaines recherches et de spéculations pénibles pour connoître ce que vous êtes! Je n'ai qu'à lever les yeux en haut :; je vois Tinimensité des cieux ^ qui sont^Fouvfage de vos mains, ces grands corps de lumière qui roulent si régulièrement et si majestueusement sur nos tètes, et auprès desquds la terre n'est qu'un atome imperceptible. Quelle magnificence , grand Dieu ! Qui a dît au soleil : Sortez du néant, et présidez au jour^ et à là lune :Paroissez, et soyez le flambeau de la nuit? Qui a donné l'être et le nom a cette multitude à*'étoiles qui décorent avec tant de splendeur Ife ■firmament , et qui sont autant de soleils inimenses attachés chacun à une espèce de monde nouveau qu'ils éclairent? Quel est Pbuvrier dont la tout&puissance a pu opérer ces merveilles , où tout Forgueil de la raison éblouie se perd et se con— ftn^? Eh ! quel autre que vous, souverain créateur de runivers, poun'oit les avoir opérées? "Scroient-elles sorties d'elles-mêmes du sein du hasard et du néant? Et l'impie sera-t-il asse» désespéré pour attribuer à ce qui n'est pas , une