PASSIONS DES GRANDS
I^augovrez toutes les passions ^ c^est sur le cœur - des grands, qui vivent dans Foubli de Dieu <}u''elles r exercent up empire plus triste et plus tjrannique. ^ Leurs disgrâces sont plus accablantes : plus Tor** . gueîl est excessif^ ^us riiumiliation est araère. . Leurs haines plus violeates. : comme une fausse ; g\o}tç les rend plus vains ^ le mépris aussi les trouve plus furieux et plus inexorables. Leurs craintes plus excessives : exempts de maux réels , ils s'*en forment même de chimériques ^ et la feuille que le vent agite est copune la montagne qui va s'écrouler sur eux. Leurs infirmités plus affligeantes : plus on tient à la vie ^ plus fout ce qui la menace nous alarme. Accoutumés à tout c« que les sens offrent de plus doux et de plus riant ^ la plus légère douleur déconcerte toute leur félicité ^ et leur est insoutenable : ils ne savent user sagement ni de la maladie ni de la santé j ni des biens ni des maux inséparables, de la condition humaine. Les plaisirs^ abrègent leurs joues:; et , les chagrins ^ qui suivent toujours les plaisirs ^ ' précipitent le i:este de leurs années^ La santé ^ déjà ruinée par rintempérance,. succombe sous la multiplicité des remèdes. L'excès des attentions , achève ce que n'avoit pu faire l'excès des plaisirs:; et s'ils se sont défendu les excès ^ la mollesse et , l'oisiveté toutes seules^ deviennent. pour eux ujk:
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espèce de maladie et de langueur qui épuisent toutes les priècaulîons de Part, et que les précautions usent et épuisent dle^mèmes* Enfin ^ leurs assujettissemens plus tristes : élevés à vivre dTiumeur et de caprice ^ tout ce qui les gétie et les contraint les accable. Loin de la cour ^ il$ croient vivre ' dans un triste fsil ;. sous les yeux du maître 5 ils se plaignent sans cesse de Tassujettissement des devoirs ^ et de la contrainte des bienséances : ils ne peuvent porter ni la tranquillité d^une condition privée ^ ni la dignité d'aune vie publique. Le repos leur est aussi insupportable que Tagitation ^ ou plutôt ils sont partout à charge à eux-mêmes. Tout est un joug pesant à quiconque veut vivre sans joug et sans règle. petit CABéHE.
VANITÉ DES GRAKDS. •
JLcB grands veulent être applaudis^ et^ comme Pimitation est de tous les àpplaudissemens le [Jus flatteur et le moins équivoque^ on est sûr de leur
. plaire dès» qu-on s^étudie à leur ressembler : ils sont ravis de trouver dans leurs imitateurs Papologie de leurs vices , et ils cherchent avec complaisance dans tout ce qui les environne de quoi se rassurer contre eux-mêmes-.
Ainsi Pambition ^ dont les voies sont toujours longues et pénibles^ est charmée de.se frayer un chemin plus court et plus agréable : le plaisir ,
' d'ordînaire kréconciHable avecla fortune ^ en
«tEtfPLt DÉS Gf(àStrS^ ?o5
devienf rartisâài et le ministre : les passîon^^ déjà si favorisées par nos penchans^ trouvent encore .dans Tespoie. de la récompense un nouvel attrait ' qui les anime^tous les motifs se réunissent contre :1a vertu. Et s^il est si malaisé de se défendre du vice qui plait, quil est difficile de ne pas s*y livrer 7 lorsque de plus il nous honore ! • - -
PETIT CARÊME
EXEIVIPLE DES GRANDS.
- VJE n^est pas seulement aux hommes de leur -siècle que les princes et les grands sont rede- .vables; leurs exemples ont un caractère de per— ipétuité qui intéresse tous les siècles à venir.
Les vicesM>u les vertus des homntes dtr commun •meurent d''ordinaireave€ eux ^ leur mémoire périt avec leur personne : le four de la. manifestation; tout seul révélera leurs actions aux yeux de Fuuivers :; mais , en attendant , leurs œuvres sorrt ensevelies y et reposent sous r(â>scurité du même tomtbeau que leurs cendres.
Mais- les princes et les grands^ Sire, sont de 'tous les siècles^ leur vie ^ liée avec les événement publics^ passe avec eux d^àge en àge^ leurs pas*- STons ^ ou conservées dans des monumens publics^ ou immortalisées dans nos histoires ^ ou chantée» par une poésie lascive , iront encore préparer des pièges à la dernière postérité : te monde est encore pleins d'écrits* pemicieu:& qui ont transmis»
3o5 9AISSANCB ILLVSTKB.
iuscju'à uous les désordres des cours précédenteii : Les dissolutions des grands ne meurent point ^ leurs exemples prêcheront encore le vice ou la vertu à nos plus reculés neveux, et Thistoire de leurs mœurs aura la même ducée que celle 'de leur siècle.
Notre nation surtout, ou plus vaine, ou plus frivole , comme on Ten accuse , ou , pour parler plus équitabletoetit et lui faire plus d'honneur , plus attachée à ses maîtres et plus respectueuse envers les grands , se fait une gloire de copier leurs mœurs , comme un devoir d'aimer leur personne : on est flatté d'une ressemblance qui , nous rapprochant de leur oondutte^^ semble no\is rapprocher de leur, rang. Tout devient honorable d'après de grands modèles^ et souvent Tostenta^ tion toute seule nous jette dans des excès auxquek l'iucUnaticm se refuse. La ville croiroit dégénérer en ne copiant pas les mœurs de la cour ; le citoyen obscur , en imitant la licence des grands i, . croit mettre à ses passions le sceau de la grandeur et de la noblesse ^ et le désordre dpnt le goût luimême se lasse bientôt, la vanité toute «eule le perpétue. pbtit cabéhc.