GLOIRE ET VERTUS DE LOUIS- LE^GRAND
CfB roi^ \m tevreiir de ses ToîsiQ»^ Fëtonnemeiit de Tuiiivers ^ le père des rois ; plus, grand 4p» tous ses aaoèbres^ pkis magnifique €pe Salomon flans toute sa gloire ^ a reconnu comme lui^ que tout était Tauité. Le inonde a été ébloui de Téclat qui renvirouiûit : ses enoeims ont eoTié sa puissance : les étrangers sont venus des fles les plus éloignée» b^ûsser les y&ax devant la gloire de sa majesté : ses sujets lui ont pres^ie dressé die» autels;;, et le prestige qui se foreioft autour de lui Q^a pu le séduire lui-même.
Cette majesté j répaaduie snr sa personne ^ Vavoit rien de farouche : un abord charmant^ quand il vouloit se laisser approcher^ un art ^^assaisoniier les graceS'^ qui touchoit plus que les grâces mêmes ^ une politesse èe discours qiiî k2>uyoît> tpujours à pkoor «pe qu^on ainioit Kpioip
GLOIR]& Ef VERtaS DE LOClS-LE-ÔRAmf. 3/f t
a entendre. Nous en sortions transportés^ et nou^ fegrettious des momens que sa solitude et ses occupations rendoient tous les jours plus rares. Nation fidèle , nous aimons de tout temps à voir nos rois^ et les rois gagnent toujours à ^e montrer à une nation qui les aime.
' Et quel roi y auroit plus gagné que Louis?
Vous pouvez le dire ici à ma place ^ anciens et illustres sujets occupés autour de sa personne. Au milieu de vous ce n étoit plus ce grand roi , lai terreur de FEurope , et dont nos yeux pouvoîent à peine soutenir la majesté :; c^ étoit un maître humain^ facile^ bienfaisant^ affable : Téckt quîTen-' vironnoit, le déroboit à nos regards^ nous ne voyions que sa gloire , et vous voyiez toutes se» vertus.^
Un fonds d'honneur, de droiture, de probité^ de vérité :; qualités si essentielles aux rois , et si rares pourtant même parmi les autres hommes : un ami fidèle^ un époux, malgré les foiblesse» qui partagèrent son cœur , toujours respectueux pour la vertu de Thérèse^ condamnant, pour ainsi dire, par ses égards pour elle, Fin justice de ses engagemens , et reiiouant par Festime un Ken affoibli par les passions^ un père tendre^ plus grand dans cette histoire domestique qui ne passera peul-étre point à nos neveux , que dans les événemens éelatans de son régne, que le»
lûstoire» publiques conserveront à la postérité.
Oftr FUN.. &E LOVIS-^LE-^GUAND..
34^ VOKT nff L0«1S'i4C--««âlll>4
MORT DE LOUIS^LR-GRAK».
jAàPFH»Lfiititei*«jE ici ces joues de deuil tmt J» fois déjà rappelés^ où toute la fanûile foyâk presque éteinte^ où le trâue environné de taot d:appuiâ^, demeuré seul en uu iustaut^ où tàat de tètes que la eouronue atteudoit ^ abattues^ il ne nous re»toit de toutes nos espérances qae i* caducitéd Vu gra&d rd, que nous allions perdre^ et Teofance d'un successeur^ que nous craignions de ne pouvoir cooserTerP Louis ^ inébranlable «a milieu des débris de sa maison^ nevit dans cet lugubres fiinërulle»^ que Tappareil et le prépa^ ratif des siennes : il avoit assez vécu pour sâ gloire^ znais il nVvoit pas encore vécu assez pour nous^ Cependant ce r^ne long, et glcHicux devoit avoir le destin des choses humaines^ ses jours ^ comme les nôtres^ étoient comptés^ le terme fatal arriva ^ les desé;eins du de! sur sa grande ame étoient aceompbs ^ et la France perdit vA roi ^ qui sera toujours encore [dœ ^»nd dans nos moeurs ^ que dans ne» annales.
OR. wmi. Btx xnuAim.
Louis meurt en roi ^ en faéros^^ €b saint. Ihi •oudaân dépérissement ébranle d^abord les fonde* mens^ ce semble^ inalténddes d^one santé q«# Fàge^ les afflictions, et les soins laborieux d^oa long règne avoient jusque-là respectée. Il avait
^lecfli àu' ddià de Tàge des rok ^ et eHe nous pr<w mettoit eacove uoe vie au delà du cours ardî-« Baire de celle de» autres bommes : il avoît vu Battre nos pères ^ et il semble que bous coDiptioui que c etoit à uos neveux à le voir mourir. Tout ce qui BOUS- flatte, nous parolt toujoui» devoiv être éternel.
Mais Dieu , dont, le règne seul ne finit point , et qui avoit déjà empreint au dedans de lui les caractères inefiaçables de la mort, les cacluHt encore aux lumières de Fart et aux vaines espér* ipances d^une cour que F excellence du tempéra-'^ juenC ras^uroit encore. Mais enfin le secret de Dieu se déclare > la mort cachée au dedans laisse voir au dehors des signes toujours trop infaillibles qui rannoDceni r on ne peut plus la méconnoitre^ #a lenteur augmente encore les horreurs de Tap* f>areil. Louis seul la voit d'un œil tranquille. A« milieu des sanglots de ses anciens et fidèles seiv^ viteurs, de la consternation des princes et des grands , des larmes de toute sa cour , Louis trouve dans la foi une paix, une fermeté, une gran-^ deur d^ame , que le monade n^a pas encore don^ ttée.' Pourquoi pleurez-voiis P dit-il à un des^ siens que ies larmes. abondantes d'aune donleur moins circonspecte lui font remarquer :j mnez^ mous cru que Us rois étoient imm&rteh?
Ce monarque environné de tant de gloire, ef qsi voyoit autour de lui tant d'objets si capables de réveiUer, on ses désirs, ou sa tendresse, né yiite pif3.mème un otzl.de regret sur la vie : il
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ne lui reste pas même ces incertitiides ^ qui montreut encore la vie ati mouraat , et qui mêlent du moins aux tristes saisissemens de la crainte les douceurs de Tespérance. E sait que son heure est venue ^ et qu**!! n^y a plus de ressource ^ et il conserve dans le lit de sa douleur cette majesté , cette sérénité , qu'on lui a voit vues autrefois aux jours de ses prospérités sur son trône : il règle les «flaires de Vétat ^ qui ne le regardent déjà plus ^ avec le même sohi et la mêniie tranquillité que s^il commençoit seulement à régner ^ et la vue sûre et prochaîne de la mort ne lui donne pas ce dégoût^ et celte horreur de penser à ce qu'ion va quitter , qui est plutôt un désespoir secret de le perdre ^ qu-une marque que Ton ne Faime plus. Les ^creméns des mourans n^ont pas autour de lui cet air sombre et lugubre cpi d'ordinaire les accompagne^ ce sont des mystères de parix et de magnificence. Et ce n^est pas ici un de ces mo— mens rapides et uimpes ou la vertu se rappelle tout entière ^ et trouve dans la courte durée de TefFroi du spectacle la ressource de sa fermeté : les jours vides et les nuits laborieuses se prolongent ^ et Tintrépidité de sa vertii semble croître et s'aflermir sur les débris de son corps terrestre. Qu'on est grand ^ quand on Test par la foi !
La vue fixe et assm*ée de la mort , souienue durant plusieurs jours sans foiblesse , mais avec religion sans philosophie^ mais avec une majestueuse fermeté; ne voulant exciter, ni Fattendrissemeut , ni l\2dmiration des spectateurs^, ne
«iiercliatft , dî k les itÂéressef à sa peft« par s0B regrefs^ ^ ôî' à s'attirer lenrs éioges par sa ()oa^ «tanoei; plus grand mille fois que &*il eût affecté es ie paroltre* Accourez à ce speetade ^ oenseiios Seivcle^et étemels de sa verla , et qiri avîez^ traité •peut-étt» sa pfété de foiblesse^ et voyez si b ^atiité toute seule nese feroit pas honneur de to«ift «e que la grâce opère de graml en Louis dans ces ^deruiers^ momens? Msiis la Tanité n^a jamais eu -que le^ mt»que de k grandeur ^ eW la grâce :quî en a la vérité.
Il assemble autour de son Rt^ comme tm autre 'David mourant^ chargé d^arniées^ de victoires et de v«rtus^ les prince» de son auguste sang et les (grands dei-état. Avec quelle dignité soutîent-il le spectacles de leur désolation et de leurs kimes*?^ Il leur rappelle ^ comme David ^ leurs anciens ser- <vices : il leur recommande Tunion^ la bonne in^ ifelligence ^ si rare sous un prince enfant :; les intérêts de la monarchie ^ dont ils sont rornement et le plus- ferme soutien : il leur demande pour «on fils Salomon et pour la foiblesse de son âge, le même zèle, la même fidélité qui les avotl toujours si fort distingués sous sou règne. Jamais 3 na paru plus véritablement roi : cVst quHl rétoit déjà dans le ciel ;; et que le règne du juste est encore plus grand et plus glorieux que celui des rois de la terre.
y letoumez donc dans le sein de Dieu d^où vou»
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étiez sortie ^ ame héroïque et chrétîeiine ! Tot^« cœur est déjà où est votre trésor. Brisez ces foil^es liens de votre mortalité , qui prolongent vos désirs et qui retardent votre espérance : le jour de notre deuil, est le jour de votre gloire et de vos triom- ;phes. Que les anges tutélaires de la France viennent âu-devaut devons, pour vous conduire avec pompe sur le trône qui vous est destiné dans k -ciel à côté des saints rois vos ancêtres, de Charlemagne et de saint Louis. Allez rejoindre Thé* rése, Louis, Adélaïde, qui vous attendent, et essuyer auprès d'eux , dans le séjour de Timmortaliré, les larmes que vous avez répandues sur leurs cendres : et si , comme nous Fespérons k sainteté et la droiture de vos intentions a suppléé devant Dieu ce qui peut avoir manqué, durant le cours d^un si long règne y au mérite de vos oeuvres et à Tîntégrité de vos justices, veillez du haut de la demeure céleste sur un royaume que vous laissez dans TaSliction , sur un roi enfant qui nV pas eu le loisir de croître et de mûrir sous vos yeux et sous vos exemples^ et obtenez la fin des malheurs qui nous accablent , et des crimes qui semblent se multipher avec nos malheurs.
OR. FUN. I)£ L0Ui5*LE-GiUN0.
«UBIAGB DE LA PRINCESSE CHABLOTTE , etC. 347