‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 151 sur 184 · TABLEAU D'UN ÉTAT FLORISSANT · texte numérisé non relu

TABLEAU D'UN ÉTAT FLORISSANT

LiA France^ sortie des troubles inséparables d'un» longue minorité^ Yoyoit croître avec le jroi ses espérances et sa gloire. Nos troupes aguerries par nos propres dissensions^ de grands généraux formés y et y en combattant même contre la patrie ^ devenus des chefs consommés pour la défendre^ les finances rétablies par les soins d^un ministre habile; la licence changée en règle; les auçienne« inaximes presque oubliées^ rappelées à leur pre-^ mîer esprit ^ les arts ^ déchus dans la foiblesse du gouYernenaent , reprenant avec lui leur éclat et feur vigueur ; les lettres, <jue nos troubles et nos malheurs avoîeat comme ban^ies, rétablies en honneur pour publier des victoires; ces hommes uniques, dont les ouvrages seront de tous les temps , et qui, jusque-là nWoient paru que successîvenient de siècle en siècle , ou de règnç -eii règne parmi nous, devenus communs, et se pressant , pour ainsi dire, de naître tous à la fois sous im règne déjà si glorieux ; Fétat , conune le roi , dans une jeunesse vive et florissante.

Au milieu de tant de prospérit es , le Dauphin est donné à la France; Tobjet des vœux publics , le gage du bonheur des peuples , Tespérance de la nlonarchie, le lien de la succession royale,. Tenfant de la gloire et de la magnificence.

Nos succès croissent avec lui : ses jours ne sont

358 MSSEirSIONS élTILES.

plus comptés que par les victoires dW père tnomphaat : chaque saison vient mettre aux. pieds ie son berceau royal des trophées et des dé« pouilles : les merveilles se multiplient ^ Fabon* dance embellit le dedans du royaume^ tandis que la valeur en recule les frontières : la pompe des maisons royales répond à la grandeur du roi : de superbes édifices sortent en un instant ^ comme par enchantement , du sein de la terre : Touvrage de plusieurs siècles devient Fouvrage de quelques mois : la stérilité des lieux se tourne en orne-* ment : et le roi, de retour de ses campagnes )* après avoir vaincu ses ennemis , vient se délass9r chez lui à vaincre encore la nature.

Page 1