‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 155 sur 184 · PORTRAIT D^ABEILARD · texte numérisé non relu

PORTRAIT D^ABEILARD

Cet homme enflé d'une vaine science , et pourvu de ces talens naturels propres à séduire les esprits et à donner au mensonge tout Tair de la vérité^ éloquent , poli , artificieux dans ses discours , vain de mille connoîssances singulières, avoit entrepris de rendre les mystères de la foi palpables à la raison humaine 5 et au lieu de cette lampe qui luit dans un lieu ténébreux , y introduire une lumière qui ne paroitra que lorsque nous serons transformés de clarté en clarté. Déjà les fidèles, attirés par les charmes de son éloquence et par Farcendant de la nouveauté , toujours inévitable en matière de religion sur Tesprit des peuples , commençoient à franchir les bornes saintes que nos anciens avoient si sagement posées. Ce mystère d'iniquité n'opéroH presque plus en secret^ et Abeilard, fier deson succès , défioit hautement le peuple de Dieu, comme ce géant des Philistins , de lui opposer un ennemi digne de lui : mais Vinsolence de cet hérésiarque préparoit a Bernard une nouvelle gloire. Tous deux se rendent au concile de Sens : et là, devant les pontifes du Seigneur , la science qui enfle cède à la simplicité qui édifie^ les paroles artificieuses de la sagesse humaine , à la vertu de la croix et de r esprit:; et le philosophe -le plus orgueiUeuxdc

PORTRAIT d'huis MAGISTRAT* '363

son temps ^ à un scribe instruit dans le royaume dejs deux.

» PANÉG. DE SAUÏT BERNARD.

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