PORTRAIT D'UN MAGISTRAT
Hixposoîïs tout-à-coup ce grand homme à la tête de la province , veillant aux intérêts et à la gloire du prince ^ présidant k la fortuae et au repos des peuples , toujours occupé , et toujours au-dessus de ses occupations 5 se faisant un vrai soulagemeiit de son devoir , et se faisant un devoir du soiilftgenient de son peuple ; si pénétrant , qu'il ne Jui falloit pour décider que le temps qu'il faut pour entendre 5 si éclairé ^ que ses décisions paroi*soient toujours dictées par la sagesse istèmê ^ sûr de Tavenir , attentif au présent ^ habile à prendre des Biesures sur le passé ^ d'un esprit vif, facile , insinuant^ d'un jugement vaste, élevé, fécond:; d'un cœur droit , noble , bienfaisant :j toujours audessus de ses dignités et de sa grandeur , toujours à portée de la misère et de l'infortune :; ami sincère, maître généreux , père commun.
Je ne vous dirai pas ici qu'il avoit reçu du ciel un de ces génies heureux, qui trouvent dans leur propre fonds , ce que l'étude et rexpériouce ne sauroient guère remplacer quand on ne Ta pas ;; qu'il étoit né instruit sur l'art périlleui^ de
gouverner les peuples^ que de tous les mystères de la sagesse des hommes ^ il n''ignora que ceux qnll n'^eût pas voulu suivre :j et que ^ comme cet liabîle conducteur du peuple juif ^ il sut dès sa jeunesse tous les secrets de la science des Egyptiens. Je n'ajouterai pas que les affaires n^eurent jamais rien d^obscur qu"*il n^éclaircît , rien de douteux qu'il ne décidât , rien de difficile qnHl nV plamf , rien de délicat qu^il ne ménageât , rim de périlleux quMl ne franchit , rien de pénible qyCil ne décorât ^ que les plus vastes Fétoient moins que son esprit ^ et que partagé entre mille soins ^ il fut toujours tout entier à chacun.
ORAISON FCKÈB. DE M. DE VILLEROT.