‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 22 sur 184 · LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE

Tous-même veaîr a son secours; mettre un frein à ses passions indomptées^ éclairer ses erreurs, soutealr sa foiblesse, adoucir ses tentations, abréger les heures du combat , et le relever de s^

chutes ?

S'il y a au-dessus de nous un Être suprême , auteur de cet univers que nous habitons , qui le soutient par la force de sa parole, et qui veut être coonu et adoré de ses créatures ; le premier devoir de rhomme est de lever les yeux au ciel , de reconnoître le Seigneur à qui il appartient , àe lia faire hommage de tout ce qu'il est , de lui rapporter ce qu'il en a reçu, et d'établir avec lui ^^ saiat commerce d'amour , d'adoration , de ^rvitude et d'action de gi*aces. Qu'est-ce donc qu un homme qui reconnoissant cet Etre suprême, ûe le prie pas? C'est un infortuné qui n'a point de Dieu, qui vit tout seul dans l'univers; qui ne tient à aucun être hors de lui ^ qui retombant sur 50Q propre cœur , n'y trouve que lui-même , cest-à-dîre, ses peines, ses dégoûts, ses iuquié— tudes , ses terreurs , avec quoi il puisse s'entretenir ; c'est un infortuné qui n'attend rien au delà du tombeau^ qui borne ici -bas tous ses désirs et toutes ses espérances ^ qui se regarde comme ^e vapeur que le hasard a formée , prêle a s évanouir et à se perdre pour toujours dans les espaces immenses du néant ^ qui ne se croit formé que pour les jours rapides qu'il pâroit sur la terre ;j

4o LECTURE BES LIVRES SAINTS.

qui vit dans Tunivers comme un homme que le hasard auroit jeté tout seul dans une De reculée et inaccessible ^ où il seroit sans maître ^ sans soù« verain ^ sans soin ^ sans discipline ^ sans attendre de ressource^ sans se promettre une meilleure destinée^ sans fatiguer le ciel par des vœux inu-* tiles ^ sans porter ses vœux et ses souhaits au delà du vaste abîme qui Fenvironneroit , et sans chercher d-autre adoucissement à Finfortune de sa condition , qu''une molle indolence : • tel est Thomme qui ne s^entretient jamais avec le Seigneur qui Ta fait. cabême ^ i.

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