‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 53 sur 184 · Tome XII. JldoRCSAVx cuoisis · texte numérisé non relu

Tome XII. JldoRCSAVx cuoisis

l34 ArFABILITÉ.

majesté qui renvirônnoît^ étoit aiTable et acces^ sible : en lui pflrant nos hommages . nous ne pou* vioQS lui refuser nos cœurs r on ne trouvoit point autour d'elle cette barrière dWguéil , de silence , ou de dédain ^ qui fait souvent toute la inajesté des grands : on n^ voyoit pas une cour tremblante , n^oser presque lever les regards jusques au maître , et craindre de manquer au respect dans Texcès même de ses hommages. L^adulation en étoit encore plus bannie que la crainte : assurée de nos cœurs ^ elle ne cherchoit pas nos louanges : vraie ^ franche ^ naturelle ^ la fadeur des éloges lui étoit à charge : le langage des cours qu^ elle n^avbît jamais parlé , elle ne Fécouta aussi jamais qu^avec dégoût. Cependant jamais de ces momens fôcheux ^ où il est si dangereux d^aborder nos maîtres : une douce affabilité nous rassuroit toujours contre son rang : toiisles momens étoienl ceux que nous aurions choisis nous-mêmes : en sortant d^auprès d^elle., chacun se trouvoit marqué par quelque trait singulier de bonté ^ et nous ne comptions les devoirs que nous lui rendions , que par les marques de bienveillance que nous en avions reçues. QuHl est rare de savoir être grand , et de ne pas faire souffrir de notre grandeur ceux qui nous approchent !

orâisôn funèbre de madame.

Il faut étudier les momens favorables pour aborder les grands ^ et le choix des temps et des occasions ^ est la grande science du courtisan. Ici ,

BONTÉ. l35

. fous les temps étoient les mêmes ; et Thabileté du courtisan ne trouvoit pas plus d'accès et d^affabilité , que la simplicité du peuple , ou Tigno-

. rance du citoyen. Ou ne sentoit point en rapprochant ces inquiétudes secrètes que forme le succès douteux de Taccueil : la bonté se montroit d'abord avant la majesté : on cherchoit le maître dans la douceur du particulier ^ ou plutôt à sa

. douceur ^ on sentoit d^abord qu'il étoit digne d^'être le maître : le cœur lui donuoit à Tinstant des titres de souveraineté plus glorieux que ceux que donne la naissance. Cest Tamoiu: qui fait les rois : la naissance ne donne cpie les couronnes ^ c'^est Famour qui forme les sujets.

0RA.i$0N FUN. DE M. LE DAUPHIN.

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