Tome XIL MorceaVx choisis. i
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plus digne du coeur, qu^en soulageant des malheureux.
Quoi de plus doux en effet, que de pouvoir compter qu'il n'est pas un moment dans la journée ou des âmes affligées ne lèvent pour nous les mabs au ciel , et ne bénissent le jour qui nous vit naître? Ecoutez cette multitude que Jésus- Christ vient de rassasier; les airs retentissent de leurs bénédictions et de leurs actions de grâces^ ils s'écrient que c*est un prophète ; ils veulent rétablir roi sur eux. Ah ! si les honmies se donnoient des maîtres, ce ne seroient ni les plus nobles , ni les plus vaillans qu'ils choisiroient ^ ce seroient les plus naîséricordieux , les plus humains^ les plus bîeùfaisans, les plus tendres^ des maîtres qui fussent en même temps leurs pères.
CABÉMS, ni.
Persuadé que les pasteurs ne sont que les dépoâtaircs des biens , comme de la foi de TEglisc, avec quelle religion les dispensa-t-il ! Que seroitce en effet, que de détourner à des usages profanes les richesses du sanctuaire? Ce seroit changer en germe de péché le fruit sacré de h pénitence de nos pères; trouver dans les vœux innocens des premiers fidèles de quoi form»
peut-être avec succès des vœux criminels; insulter la pauvreté évangélique avec le patrimoine des pauvres ; en un mot , faire servir Dieu à l'iniquité. Les maips du Très^-Eaut , vous le savez, avoient formé à wotre chiarilable prélat un de ces cœurs
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tendres et miséricordieux ^ qui souffrent de toute leur praspérité^à la vue des infortunes d^autruî. Et ce n^étoit pas ici une de ces sénsibiKtés de caprice , qui n'ouvrent le cœur à certains maux> que pour le fermer à tous les autres^ qui veulent choisir les misères ^ et qui en nous rendant trop prudemment charitables ^ nous rendent pieusement cruels. Sa charité fut universelle ^ et il ne mit jamais d'^autre» diflTérence entre les malheureux ^ que celle que mettoient entre eux leur misère même.
Quel tendre spectacle s'ouvre encore à mes yeux ! Id la veuve, couverte de deuil et d'amertume sous up toit pauvre et dépourvu , jette en soupirant de tristes regards sur des enfans que la fiiffi presse^ et hors d'espoir de tout secours , elle va y comme celle d'Elie^ soidager leur indîgeneé de ce qui lui reste , et mourir ensuite avec eux ^ ^nd par un nouveau prodige , elle voit t'out-àcoup sa substance multipliée ^ et ses tristes- jours
consolés. OR. FUN. DE M. DE TILLARS.