‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 64 sur 184 · VRAIE FORCE FAME · texte numérisé non relu

VRAIE FORCE FAME

JuA véritable force ^ et la seule élévation de Fesr prit et du cœur^ consiste à maîtriser ses passions^ à n^étre pas esclave de ses sens et de ses désirs ^ à ne pas se laisser conduire par les caprices de Fhumeur et Jeç inégalités de Fimagination ^ à étouffer un ressentiment et une secrète jalousie ^ à.se laettre au-dessus des événemens et des disgrâces : voilà ce * qui fait les grandes amés y et les esprits forts et élevés; et voilà où en sont les justes que vous méprisez tant ./que vous regardez comme des esprits Toibles et vulgaires. Ce sont des âmes fortes qui pardonnent les injures les plus sensibles ; qui prient pour ceux qui les calomnient et qui les persécutent; qui ne sentent les mouvenaens des passions , que pour avoir plus de mérite en les réprimant; qui ne se laissent pas corrompre pat un vil intérêt ; qui ne savent pas sacrifier le devoir^ la vérité^ la conscience; à k fortune; qui rompent généreusement les liens

VRAIE GRANDEUR. D^AMeI î55

les plus tendres et les plus chers ^ dés que la foi leur en a découvert le danger ^ qui se disputent les plaisirs les plus innocens^ qui sont des héros contre tout ee qui a Tapparence du mal ^ mais qui dans la religion sont simples ^ humbles ^ do* eiles ^ et font gloire de leur docilité ^ et de leur simplicité prétendue. Prudent pour le mal ^ et simple pour le Inen ^ vous au contraire ^ vous êtes plus foible que le& âmes les plus viles et les plus vulgaires , quand il s'^agit de modérer vos passions : votre raison , votre élévation ^ la force de votre -esprit^ votre prétendue philosophie ^ tout cela vous abandonne : vous n^étes plus qu'Hun en^ &nt ^ que le jouet des passions les plus basses et les plus puériles^ qu^un foiblè roseau que les vents agitent à leur gré ; mais sur les devoirs de la reli« gion ^ vous vous piquez de singularité , dVlévation^ et de force : c"'est-à-dire , vous voule^s être fort contre Dieu ^ et vous, êtes foible contre vous* même* garêue ^ ii«

VKAIE GRANDEUR D'AME.

Une ame fidèle que la foi place dans un point d'^élévation ^ d'^où le monde entier et toutes ses grandeurs ne lui paroissent plus qu'un atome ^ elle regarde tout ce qui se passe ici-^bas ^ ces grands événemens qui semblent ébraaier Tunivers , ces révolutions qui remuent tant de passions différentes parmi les hommes , ces victoires célébjpé^

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'l56 ATTSTÉHÎTÉ. '

•par tant d^ bouches ^ et qui changent la destinée de tant de peuples ^ elle les regarde comme des ■changemens de scène ^ qui ne surprennent et n^amusent des spectateurs oiseux et trompés^ que .parce qu'ils ne voient pas le (bible artifice ^ et le ressort puéril et secret qui les fait mouvoir ^ et qui en cache le méprisable mystère : elle r^rde les princes ^ les souverains ^ ces âmes illustres qui fout la destinée des peuples et des royaumes ^ et auxquels «ella^repd pourtant rd>âssançe et h i)P^spect dus ^u caractère 3^cre dont ils sont re^ vêtus :; elle lei regarde ^ dès qu'ails oublient Dieu^ de qui ils tiennent la puissance et Fautorité^ comme ces rois que les enfans établissent entiis éux^ et dont les sceptres ^ les couronnes ^ la majesté ^ Tempire «imaginaire y n!*oat rien de plus réel et dfe plus sérieux aux yeux de Dieu , que les puérilités de ce bas âge* carême ^ ii.

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