ORGUEIL
S!b passoii au dehors B^étoit qne Finidge des troubles que riiomme orgueilleux éprouvoit au dedans de lui-même. Le désir de s'élever étoit une vertu : la modération passoit pour lâcheté : un homme seul bouleversoit sa patrie^ renversoit les lois et les coutumes ^ faisoît des millions de malheureux pour usurper la première place parmi ses citoyens^ et le succès de son crime lui attiroit les hommages ; et son nom ^ souillé du sang de ses frères ^ u'eu avoit que plus d'éclat dans les annales pubHques qui en conservoieni la mémoire ^ et un scélérat heureux devenoit le plus grand homme de son siècle. Cette passion ^ en descendant dans la foule ^ étoit moins écla-' tante ^ mais elle n'en étoit pas moins vive et furieuse : l'homme obscur n'étoit pas plus tranquille que l'homme public : chacim vouloit l'emporter Siur ses égaux : l'orateur , le philosophe , se disputoient ^ s'arrachoient la gloire ^ l'unique but de leurs travaux et de leurs veilles^ et comme les désirs de l'orgueil sont insatiables , Thomme ^ à qui il étoit alors honorable de s'y livrer tout entier^ ue pouvant s'y fixer ^ ne pou voit aussi être calme et paisible. L'orgueil ^ devenu la seule source de Thonneur et de la gloire humaine^ étoit devenu l'écueil fatal du repos et du bon* heur des hommes.
La naissance de Jésus^Christ ^ en corrigeant le monde de cette erreur ^ y rétablit la paix que l'orgueil avoit bannie de la terre.