ERREURS DE LA VANITÉ
A. ^voi se réduit ce qui nous paroit ici'^bas digne d.'^envie ? et dans cet amas d^enchantemens qui nous font perdre de vue les biens étemels ^ quels sont les principaux objets qui séduisent Tesprit , et usurpent seuls tous les hommages du cœur hu-< main ? C^est Téclat de la naissance ^ c^est la distinction qui nous vient des sciences et de Tesprit^ c'^est la mollesse qui suit les plaisirs et la félicité
ERREURS DE- LA VANlfÉ. ÎQÎ
des sens ^ et enfin c^est le faste qui accompagne la grandeur et les dîgnîlés. Gq sont là les secrets ressorts qui agitent les enlKns d'^Adam ^ c^est là-^ dessus que roulent nos projets ^ nos mouvemens^ nos désirs , nos espérances ^ c'^est là coàime lé trésor autour duquel notre cœur veille sans cesse ^ et le plus bel endroit de cette figure du monde qui nous saisit et nous enchante.
La noblesse du sang et la vanité des généalogies est^ de toutes les erreurs^ la plus universellement établie parmi les hommes. On ne pense pas^ quand on s^applaudit de Féclat des ancêtres et de Fan^ tiquité du nom ^ que plus haut il nous fait re^ monter , et plus il nous approche de notre boue ç que ce qui distingue les vases d^ignominie des vases dlionneur n'est pas la masse dont ils sout tirés , mais le bon plaisir de Touvrier qui les discerne 5 que la noblesse du chrétien n'est pas dans le sang qu'il tire de ses ancêtres ^ mais dans la grâce qu'il hérite de Jésus^-Christ ;; que la chair qui nous fait naître ne sert à rien ^ mais que l'esprit selon lequel nous renaissons est utile à tout \ et qu'enfin l'origine comme la conservatiou du chrétien étant dans le ciel ^ celle qu'il prend sur Ja terre est une bassesse dont il doit gémir ^ et non pas un titre dont il puisse se glorifier*
PANBG. DE SAINT FEANCOiS DE PAULK.