DE LA VOLUPTÉ
SiTamour du plaisir remporte dans les souverains sur la gloire, hélas! tout sert à leurs passions, tout s'empresse pour en être les ministres, tout en facilite le succès^ tout en reveille les désira 5 tout prête des armes à la volupté : des sujets indignes la favorisent 5 les adulateurs lui donnent 4es titres d'honneur^ des auteurs profanes la chantent etrembellîssent^ les arts s'épuisent pour en diversifier les plaisirs ( tous les talenS destinés par Fauteur de la nature à servir à Tordre et à la décoration de la société, ne servent plus qa\ celle du vice ^ tout devient les ministres et par-la les complices de leurs passions injustes. Sire, qu'on est à plaindre dans la grandeur ! Les passions qui s'usent par le temps, s'y perpétuent par les ressources ^ les dégoûts, toujours inséparables du désordre , y sont réveillés par la diversité des plaisirs ^ le tumulte seul, et l'agitation qui environne le trône, eu bannit les réflexions, et ne laisse jamais un instant le souverain avec lui-même. Les Nathan eux-mêmes, les prophètes du Seigneur, se taisent et s'affoiblissent en l'approchant : tout hiimet sans cesse sous l'œil sa gloire \ tout lui parle de sa puissance 5 et personne n'ose lui montrer même de loin ses foiblesses.
»E LA TOLÎÏPTÉ. 19?
Le premier éctieil de notre innocence , c''est le plaisir. Les autres passions ^ plus tardiyès ^ ne se développent et ne mûrissent, pour ainsi dire , qu'avec la raison : céïle-ci là prévient, et nous nous trouvons corrompus avant presqi^é d'avoir pu eoniioltre ce que nous sommes : ce penchapt infortuné , qui souille tout le cours de la vie der hommes , prend toujours sa source dans les pr&rmières moeurs ; c'est le premier trait empoisonné qui blesse Famé ^ c'est lui qui efface sa premièrb beauté^ et c'est de lui que coulent ensuite tous ses autres vices.
Le pladsir est donc le premier écueil des grands, et c'est par-là q\Xe le tentateur conunénçe à les séduire; il continue par Fadulation. Le plaisir corrompt le cœur par le vice^ l'adulation achève de le.fermer à la vertu. Les attraits qui en virohneut le trône, soufflent de toutes parts la volupté;; l'adulation la justifie. Le désordre laisse toujours au fond de l'ame le ver dévorant^ mais le flatteur traite le remords de foiblesse , enhardit la timidité du crime , et lui ôte la seule ressource, qui pouvoit le ramener à la pudeur de l'ordre et de la raison. petit garêaie.
Que peut-on refuser à la volupté, lorsqu'une fois elle s'est rendue maîtresse dun cœur, et qu'on en est dev^emr FeselaveP L'honneur, la rak&Ek , Féquité , notre gloire , notre intérêt