‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de ClermontChapitre 126 sur 191 · VINGT-TROISIÈME SERMON · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME SERMON

KOTIŒ HISTORIQUE.

Selon l'usage de la cour, Massillon ouvrit ses deux carêmes de Versailles, le 2 février, jour de la Purification. « Mercredi (2 février 1701), dit Dangeau, le roi entendit le sermon du P. Massillon, qui doit prêcher le carême. » Bossuet, légèrement indisposé, ne put assister à ce sermon. La Gazette de 1704 nous apprend que « le 2 février, fêle de la Purification de la Vierge, le soir, Sa Majesté entendit la prédication du P. Massillon. » Ce jour-là, Massillon eut un beau succès par un heureux compliment au roi, gracieusement improvisé. Le 23 janvier, la (lotte de l'archiduc avait été dispersée. On vint apprendre cette nouvelle à Massillon, an moment où il allait monter en chaire. Mais laissons parler un fidèle témoin, le véridique Dangeau. o Samedi, 2 février, à Versailles, le roi, après-diner, entendit le sermon du P. Massillon, qui inséra dans son compliment des choses très-éloquentes et très-chrétiennes sur la tempête qui a séparé la flotte ennemie, et qu'on était venu lui apprendre un peu avant qu'il montât en chaire. »

Or, nous avons ces deux sermons pour la Purification. Seulement, les éditeurs les avaient mis dans le volume des mystères. Si l'heureuse improvisation ne s'y rencontre pas, nous trouvons, du moins, dans le premier un court hommage à Louis XIV, et dans le second des allusions au maiire, des conseils aux grands et des observations morales sur la cour, qui, sans que nous ayons besoin d'appuyer davantage, nous sulfisent pour prouver que ce sont là les deux sermons prêches à Versailles le 2 février 1701 et le 2 février 1704. Nous les avons mis en tête du Grand-Carême, c'est-à-dire à leur place naturelle.

Les différentes solennités qui sont consacrées par l'Eglise à honorer la Vierge Marie, nous ont valu, comme l'a remarqué Maury, de beaux et intéressants sermons. On peut notamment se rappeler le profond et parfait traité de morale de Bourdaloue sur la corruption de l'homme, à l'occasion de la fêle de la Conception. Mais, au-dessus de tous, d'incomparables et touchants sermons de Bossuet, l'orateur qui a le plus admirablement parlé de la Mère de Dieu, sur la Conception, la Compassion et sur d'autres mystères de la vie de Marie, ont donné à la Sainte Vierge un panéeyripte digne d'elle, qui, par des chefs-d'œuvre de l'éloquence humaine appuyée sur l'Ecriture, a peint le cœur tendre et compatissant de la Mère du Dieu de la crèche et du Calvaire.

Massillon redoutait cette matière, n'ayant pas comme Bossuet, à son service, la (lamme même de l'Esprit divin; il écrivait an P. Renaud , vers la fin de sa vie , que cette matière était difficile. Aussi , avec Bourdaloue , il s'est jeté surtout sur les moralités relatives au mystère célébré le jour où il prêchait, à la Visitation et à la Conception. Pourtant, nous svons pour l'Assomption un sermon solide et élevé, qui a ravi le cardinal Maury, malgré des défiances outrées contre Massillon, et qu'on admire, même après avoir lu les discours de Bossuet, par la lumière qu'il répand sur l'histoire de la Sainte Vienre, en montrant l'éclat que cette créature privilégiée avait reçu de ses humiliations et les consolations qu'elle avait tirées de ses douleurs mêmes.

On trouve dans l'édition de Trévoux le fonds du second sermon pour la Purification.

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