DOUZIÈME SERMON
DISCOURS PRONONCÉ A UNE BÉNÉDICTION DES DRAPEAUX DU RÉGIMENT DE CATINAT.
NOTICE HISTORIQUE
L'année 169S, dit le P. Bougerel, Massillon alla prêcher le carême à Montpellier. En retournant à Paris, il s'arrêta à Lyon, et il y prononça l'oraison funèbre de l'archevêque Camille de Villeroy Est-ce à celte année qu';! faul reporter le discours suivant? Dans ce cas ce serait un des plus anciens de Massillon que nous possédions. N'e serait-ce pas nlutôt à l'année 1701, au moment de l'expédition d'Italie? Ce qui, du moins, est certain, c'est qu'il fut prêché en Provence, avant que Catinat se retirât à Saint-Gratien, c'est-à-dire avant 1702. Peut-être a-t-il été donné à Marseille, dans la célehre église de Saint-Victor. Quoi qu'il en soit, l'orateur parle « dans un temple consacré au chef d'une légion sainte qui sut préférer le culte do Jésus-Christ à celui des statues de l'empereur, à une troupe illustre que mille actions distinguent plus que le nom du fameux général qu'elle a l'honneur d'avoir à sa tête, >> à des soldats commandés par « le sage et vaillant général à qui celte province doil sa sûreté, et le reste du royaume la paix et l'abondance, sous un prince qui, n'ayant plus rien à souhaiter du côté de la gloire, a cru que la piété devait en être comme le dernier trait, qui tous les jours va humilier sous le joug de Jésus-Christ une tête chargée des marques de sa grandeur et de ses victoires, et qui, dans le temps que tout retentit de son nom et du bruit de ses conquêtes, sait répandre son âme devant le Seigneur, et gémir en secret sur le malheur des peuples et les tristes suites d'une guerre si glorieuse pour lui aux yeux de l'univers. » On se rappelle les éloges que donnent au vainqueur de la Marsaille tous les mémoires du temps. Louis XIV, parcourant un jour la liste des maréchaux, s'écria, en arrivant au nom de Catinat : Voila la vertu couronnée!
HALÏSL
Exorde. — Ce n'est pas pour animer des soldats à la guerre que le ministre de la parole de réconciliation et de paix mêle un
discours évangélique à une cérémonie sainte. Proposition. — Mais c'est pour développer l'esprit de cette pieuse solennité. Division. — 1° En expliquant les périls désarmes, et, 2° en montrant les moyens de s'y sauver. Première réflexion. — Périls des camps. — 1° La dissipation et la licence; — 2° la mort rapide et soudaine qui ne laisse
pas le temps du retour à Dieu.
Seconde réflexion. — Moyens de se sauver dans les armées. — 1° La considération des déceptions de l'ambition et de la
vanité des choses d'ici-bas; — 2" la parfaite alliance de la vie chrétienne avec la valeur de l'homme de guerre et l'austérité de
la discipline militaire.
Péroraison. — Prière pour le succès des armes de la France, et vœux chrétiens en faveur de la paix.
Posuerunt signa sua, signa; et non cognoverunt sicut in exitu super que je viens, datlS le Sanctuaire de la paix summum. i
Ils ont mi» leurs drapeaux dan, le temple comme un présage de meler Un discours évangélique à Une céré-
leur victoire ; et il* n'ont pat connu quelle était la fin de cette pieuse niOllie SaîlltC. La parole dont j'ai l'honneur
solennité. Ps. LXX11I, 4, 5. j--i i ■ ■ , ,
a être le ministre , est une parole de reconciliation et de vie, destinée à réunir les Grecs Ce n'est pas pour vous rappeler ici des idées et les Barbares ; à faire habiter ensemble, selon de feu et de sang, et, par le souvenir de vos l'expression d'un prophète, les lions, les aigles victoires passées , vous animer à de nouvelles , et les agneaux ; à rassembler sous un même