PLAINTE
STANCES
n quel obscur séjour lé ciel m^a-t-il réduit? Mes beaux jours sont voilez d^une efiroya-
[ble nuit ;
Et dans un mêsme intant comme llierbe
Ma jeunesse est sechée. [fauchée,
Mes discours sont changez en funèbres regrets ; Et mon ame d^ennuis est si fort éperdue , Qu^ayant perdu ma dame en ces tristes forêts , Je cne, et ne sçay point ce qu^élk est deTenuë.
0 bois ! ô prez, ô monts! qui me fîistes jadis, En rayril de mes jours , un heureux paradis , Quand de mille douceurs la faiyeur de ma dame Entretenoit mion ame :
Or\ que la triste absence, en Tenfer où je suis , D*un piteux souvenir me tourmente et me tue ; Pour consoler mon mal et flatter mes ennuis , Hélas, respondez-moi , qu'cst-elle devenue?
* Cette pièce , qui contient des regrets sur Tabsence d'une
276 potsiss
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Hélas! fille deraû^qoifjbsaiiiâqaeaNir.
Dans les priaotas d'Amour teià^ie déiàoSnëO J Compagne de mon mal , assiste mon émioy^ Et responds 1 mes cris, qu*esi-eUe derenuë? 4 .'
Je TOT bien en cç lieu-, triste et désespéré, - Du naimage d'amour ee mû m'est dememré : Etbîen cnie km dicj le destiiirait fpi Je m*en fiicmç Itdici. * •.
Je To^ dedans ces fleur» les ti rsde La fierté de son ame en U mer e. Tout ce (}u'on yoit icy yirement ^-*- il ne me peint pas ce qu'elle •
Las ! toid bien l'oidroit o&^prfsniflr je IHtJiff^ ^ 1 Où mon cœur de a^jr^eux si doucement raTjv ■• , Rejettant tout respect, découvrit à là belle
Son amitié fideBe.^ vr
Je revoy bîili le Uen, ma» je ne revof pu' ^i; La reyne de mon cœur, qu'en oe Heu j W'pérdbS^
mattresse, panit Mur la première ftfis dans atf n primé es t6tt, à iUnMIi, dwi ftaphail da Petll-?k>. le TemfU ^ApêUê» yoti HêukèMrrèmttl êm plu •« de ee temf$, page 5, qoi eat la pren^fcre da r^^i • . ensuite insérée parmi les antret^JaiiTret ^e ^
Tédition de i64a « avec craelaneaLiégers • Wte ie Vt^,] L'écko. ^ -
DIVERSES. l'J']
0 bois ! ô prés ^! ô monts ! %^s fidèles esbats, Hélas ! respondez-moy, qu'est-elle devenue ?
Durant que son bel œil ces lieux embellissoit , L^agreable printemprs sous ses pieds florissoit , Tout rioit auprès d elle , et la terre parée Estoit énamourée.
Ores que le malheur nous en a sçeu priver, Mes yeux tousjours moiiillez d*une humeur continue, Ont changé leurs saisons en la saison dliyver, N'ayant sccu découvrir ce qu'elle est devenue.
Mais quel lieu fortuné si longtemps la retient? Le soleil qui s'absente , au matin nous revient , Et par un tour réglé sa chevelure blonde Eclaire tout le monde.
Si-tost que sa lumière à mes yeux se perdit, Elle est, comme un esclair, pour jamais disparue; Et quoy que j'aye fait , malheureux et maudit. Je n'ay peu découvrir ce qu'elle est devenue.
Mais, Dieux! j'aybeaume plaindre, et tousjours sous-
[pirer, J'ay beau de mes deux yeux deux fontaines tirer, J'ay beau mourir d'amour et de regret pour elle : Chacun me la récelle.
0 bois ! ô prez ! ô monts ! ô vous qui la cachez ! Et qui contre mon gré l'avez tant retenue : Si jamais de pitié vous vous vistes touchez^ Hélas ! respondez-moi , qu'est-elle devenue?
3 0 »0»/] Édition de i64a , 0 da !
Fut*il jamais mortel si malhenreux que moy? Je lis mon infortune en tout ce que je Yoy ; Tout figure ma perte , et le ciel et la terre  Feuyy me font guerre.
Le regret du passé cruellement me point. Et rend 1 objet présent ma douleur plus aiguë : Mais las ! mon pi us grand mal est de ne sçavoîr poia Entre tant de malheurs , ce qu^elle est devenue.
Ainsi de toutes parts je me sens assaillir; Et voyant queTespoir commence à me faillir. Ma douleur se rengrège , et mon cruel martyre S^augmente et devient pire.
Et si quelque plaisir s*offire devant mes yeux , Qui pense consoler ma raison abbatuë, II m afflige , et le ciel me seroit odieux , Si là-haut j^ignorois ce qu'elle est devenue.
Gestté de tant d*ennuis, je m^estonne comment ^ Environné d* Amour, et du fsischeux tourment Qu'entre tant de regrets son absence me livre , Mon esprit a peu vivre.
Le bien que JV V^rin me va tiranisant. De mes plaisirs passez mon ame est combattue; Et ce qui rend mon mal plus aigre et plus cuisant , C'est qu'on ne peut sçavoir ce qu'elle est devenue*
Et ce cruel pensar qui sans cesse me suit , Du trait de sa neauté me pique jour et nuit , Me gravant en l'esprit la misérable histoire D'une si courte gloire.
Et ces biens, qu^en mes maux encoril me fauivoir, - Rendroient d^un peu d^espoir mon âme entretenue , Et m'y consolerois , si je pouvois sçavoir Ce qu'ils sont devenus , et qu'elle est devenue * .
Plaisirs si tost perdus , helas ! oà estes-vous? Et vous , chers entretiens , qui me sembliei si doux , Où estes-vQus allez Thé, ou s'est retirée Ma belle Cytherée? .
Ha ! triste ^avenir d'un bien si-tost passé ! Las! pourquoy ne la voy-je, ou pourquoy l'ay-je Ou pourquoy mon esprit d'angoisses oppresse, [veuë ; Ne peut-u découvrir ce qu'elle est devenue.
En vain , hélas ! en vain la vas-tu dépeignant Pour flatter ma douleur, si le regret poignant De m'en voir séparé d'autant plus me tourmente , Qu'on me la représente.
Seulement au sommeil j'ai du contentement, Qui la fait voir présente à mes yeux toute nuë. Et chatouille mon mal d'un faux ressentiment ; Mais il ne me dit pas ce qu'elle est devenue.
Encor ce bien m'aiBige , il n'y faut plus songer, C'est se paistre du vent , que la nuit s alléger DW mal qui tout le jour me poursuit et m outrage D'une impiteuse rage.
Retenu dans de&neeuds qu'on ne peut deslier. Il faut , privé d'espcnr, que mon cœur s'évertue ,
* Édition de 164^ :
Ce ^'ils sont devenus , ce qu'elle est dctenuS.
^So POÉSIES
Ou de mourir bien-tost j ou bien de Toublier, Puisqu'on ne peut sçayoir ce qu^elle est deyenoë.
Cornent, que je Toublie ! ha ! dieux ! je ne le pois. L*oubly n'efface point les amoureux ennuis Que ce cruel tyran a gravez dans mon ame En des lettres de flame.
Il me faut par la mort finir tant de douleurs: Ayons donc ace point Tame bien résolue; Et finissant nos jours , finissons nos malbenrs ^ Puisqu'on ne peut sçayoir ce qu'elle est àenmL
Adieu donc , clairs soleils , si diyins et si beaux y Adieu rbonneur sacré des forests et des eaux , Adieu monts , adieu prez , adieu campagne yerte , De yosbeautez déserte.
Las ! recevez mon ame en ce dernier adieu. Puisque de mon malheur ma fortune est yaincuë. Misérable amoureux , je yay quitter ce lieu-. Pour sçayoir aux enfers ce qu elle est devenue.
Ainsi dit Amiante , alors que de sa voix Il entama les cœurs des rochers et des bois , Pleurant et soupirant la perte dTacée y L'objet de sa pensée.
Afin de la trouver , il s'encourt au trespas. Et conune sa vigueur peu k peu diminue. Son ombre pleure , crie , en oescendant làr-bas : Esprits, hé ! dites-moy, qu'est-elle devenue?
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