ODE
amais ne pouiray-je J>aiii]ir Hors de moy Tingrat souyenir De ma gloire si tost passée?
Tousjoars pour nourrir mon sùocy^
Amour, cet enfamt sans mercj,
L^offiira-t-il à ma pensée?
Tyran implacable des cœurs , De combien d*ameres langueurs As-tu touché ma fÎEuitasief De quels maux m*as-tu tourmenté?
Et dans mon esprit agité , Que n*a point fait la jalousie?
Mes yeux aox pleurs accoutumez , Du sommeil iTestoient plus fermez ; Mon cœur firémissoit sous la peine :
A yeu^ d*œil mon teint jaunissoit , Et ma bouche qui gémissoit , De souspirs estoit toujours pleine.
Aux caprices abandonné , J*errois d^un esprit forcené « La raison cédant k la rage :
j errois a un espnc lorcene La raison cédant k la rage
^ Cette ode fat aussi imprimée pour la première fois lans le même recueil de 1611, et fut insérée dans Tédition le i64a. L*auteur y exprime les re^ts d*un homme usé »ar les plaisirs , qui invectlTe contre les peines de Tamour.
a89 POÉSIES
Mes sens, des désirs emportez , Flottoient confus de tous costex , Comme un yaisseau parmy Forage.
Blasphémant la terre et les cieux , Mesmes je m Wois odieux , Tant la fureur troubloit mon âme :
Et bien que mon sang amassé , Autour de mon cœur fust glacé , Mes propos n'estoient que de flâme.
Pensif, frénétique , et resvant , L^esprit troublé , la teste au vent , L^œu hagard, le ybage blesme :
Tu me fis tous maux éprouver ; Et sans jamais me retrouver, Je m'aQois cherchant en moy-mesme.
Cependant, lorsque je youlois, Par raison enfraindre tes loix , Rendant ma flame refroidie :
Pleurant , j^accusaj ma raison , Et trouyay que la guérison Est pire que la maladie.
Un regret pensif et confus D'avoir esté, et n'estre plus®, Rend mon ame aux douleurs ouverte ; A mes dépens , las! je voy bien , Qu'un bon-heur conune estoit le mien Ne se connoist que par la perte.
® Édition de i64a :
D'avoir esté , sans estre plu*.
DIVERSES. 2Bi