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saient le péristyle; l'une magnifiquement vêtue s'appuyait sur l'autre, qui paraissait déjà un peu avancée en âge. Aménophis jeta les yeux sur elle; et, n'écoutant plus Anaxaras, il fit un grand cri , et il courut au-devant de ces personnes qu'Anaxaras n'avait qu'à peine aperçues. Ah! dit Aménophis en les abordant, quel nouvel enchantement, divine Cléorise, vous a amenée en ces lieux , quand je suis prêt à en partir, et quand je viens de refuser la couronne et la fille du roi pour me conserver à vous? Cléorise, à ce discours, regarda tendrement Aménophis , et elle lui demanda s'il connaissait cette princesse qu'il refusait. Je ne la verrai pas même, répondit Aménophis. Mais, poursuivit-il, aimable Cléorise , ne m'est-il pas permis de voir Arimante? Où le trouverai-je? et ne me permettrez-vous pas d'aller me jeter à ses pieds pour vous obtenir de lui? Seigneur, r^^pondit C||K)rise , Arimante n'est plus mon père , et c'est le roi qui m'a donné la vie et de qui vous devez m'obtenir. Souffrez, s'écria Anaxaras, que je sois le premier qui aille porter au roi la plus heureuse nouvelle qu'il puisse recevoir : il dit , et il partit sans attendre leur réponse.
Aménophis était si transporté de joie et d'amour, qu'il ne pouvait faire aucun discours suivi : Cléorise , ayant appelé Arimante , lui dit
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d'apprendre au prince de Libye par quelle surprenante aventure elle se trouvait fille d'un roi de qui même elle n'avait jamais entendu parler jusqu'alors. Aménophis dit à Arimante qu'il avait ouï dire que le roi avait fait mourir sa fille, parce qu'on lui avait prédit qu'elle ferait régner un étranger. Seigneur, dit Arimante , le roi n'eut pas la cruauté de faire périr son propre sang; il fit courir le bruit de la mort de sa fille; les cérémonies funèbres qu'il fit faire persuadèrent que cette mort était véritable. Le roi , en me confiant ce précieux dépôt, me pria de l'adopter. C'est, seigneur, cette aimable Cléorise que vous voyez. Jusqu'aujourd'hui elle s'est crue ma fille. Les pirates de l'île du Soleil l'avaient enlevée : vous savez aussi-bien que moi par quel miracle elle est revenue entre mes mains; votre valeur y a beaucoup contribué, sans le savoir. Le roi , ayant perdu son fils , et étant réduit aux cruelles extrémités où vous l'avez trouvé, m'avait mandé de ramener secrètement ici la princesse, sa fille. Je l'ai fait, seigneur, avec un secours continuel des dieux. J'ai traversé tout le pays des révoltés, et il n'y a que deux jours que je suis arrivé ici , d'où j'envoyai en donner avis au roi.
Comme Arimante achevait ce discours , le roi lui-même arriva avec Anaxaras. Il embrassa
456 HISTOIRE d'aMÉNOPHIS.
Cléorise et Aménophis , et leur dit que son grand âge ne lui permettait pas d'attendre, pour les rendre heureux, le consentement du roi et de la reine de Libye, et qu'il allait tout ordonner pour cet auguste mariage , qui comblerait sa vieillesse d'une satisfaction parfaite. Pendant les préparatifs qui se faisaient , Aménophis , impatient de faire savoir à Ménécrate tout ce qui lui était arrivé, lui renvoya sa flotte avec des ambassadeurs , pour l'assurer qu'il ne manquait à sa félicité que la présence d'un ami qui lui était infiniment cher. Il envoya d'autres ambassadeurs en Libye, au roi son père et à la reine sa mère , et il permit aux Libyens qui l'avaient suivi de retourner , s'ils le souhaitaient , dans leur patrie. Le bonheur de ce prince ne fut plus différé : le roi , après l'avoir fait couronner roi de Chypre, le conduisit au temple de Vénus, où on l'unit pour toujours à Cléorise. Ce mariage fui encore pr s célèbre par la joie et par les applaudissemens des peuples que par la pompe des fêtes et des cérémonies , bien qu'elles fussent plus superbes et plus éclatantes que n'avaient jamais été celles d'aucun roi de Chypre. Aménophis a été un des plus illustres entre tous ceux qui y ont régné.
FIN d'aMÉNOPHIS et DU TOME TROISIEME.