‹ OEuvres complètes de Mesdames de La Fayette, de Tencin et de Fontaines, précédées de notices historiques et littéraires (volume 4)Chapitre 39 sur 41 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

/^l8 LETTRES.

craintes ne mènent à rien ; les choses vont toujours leur train ordinaire. Le plus fort ascendant des passions est Tamour ; et la sympathie, qui nous attache à certaines personnes , dont nous ressentons le pouvoir aussitôt que nous les voyons, me paraît avoir bien du rapport à la matière cachée qui unit l'aimant avec le fer. On sait de même qu'on sent un je ne sais quoi à l'approche de certains objets. Voilà où se terminent nos connaissances, et les ressorts qui agissent secrètement en nous ne nous sont pas plus connus que la cause de l'union de l'aimant avec le fer. Je considère les taches que nous remarquons dans le soleil, comme les effets que l'âge produit en nous : il affaiblit peu à peu et fait enfin cesser la chaleur naturelle dont le cœur tire toute sa vanité. Qui nous dit que la même chose n'arrivera pas à notre soleil! sa clarté peut être absorbée par la suite des temps. Nous pourrions ne différer avec lui que du plus ou du moins de durée.

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