‹ Œuvres complètes de Mme. CottinChapitre 178 sur 188 · CHAPITRE XLVIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIF

Forte de ses larges et profonds fossés, de ses hautes murailles, de sa vaste citadelle, de sa nombreuse garnison, et surtout du héros qui la défendait, Césarée voyait sans inquiétude l'armée entière de Croisés se préparer à l'assiéger : dès les

premiers jours, Richard et Lusignan, animés tous deux d'une ardeur qui allait presque jusqu'à la furie, firent environner la place d'un rivage à l'autre; leurs mineurs sautèrent dans les fossés pour saper le mur, tandis que leurs archers lançaient des flèches contre les assiégés, qui, faisant jouer leurs machines du haut des murailles , écrasaient les mineurs et accablaient les ennemis de pierres et de traits. Encouragés par la présence de Malek Adhel, et croyant tout possihle à leur vaillance sous un tel capitaine, ils demandaient à faire des sorties, afin de terminer plus tôt cette guerre désastreuse. Malek Adhel s'y refusait obstinément : fidèle à son frère, il était résolu à défendre Césarée; mais, en remplissant ce devoir, l'amant de Mathilde désirait épargner le sang chrétien, et sauver Jes sujets de Saladin sans attaquer ceux de Richard.

Cette disposition donnait à sa conduite une sorte de timidité qui enhardissait la valeur des assiégeants ; chaque jour les assauts devenaient plus terribles : Lusignan, exposé à tous les coups, présent à tous les dangers, pressait, sollicitait ses troupes, appliquait lui-même les échelles, et montait le premier à l'escalade. De concert avec Richard , ils avaient fait miner une partie des murailles du côté de l'Orient; TintrépideLusignan s'avance à la tête de tous ses soldats , et, en dépit des traits qui pleuvent sur lui , de sa propre main met le feu aux étancons : aussitôt le mur s'écroule à grand bruit dans le fossé; mais les Sarrazins ont prévu cet accident ; ils ont placé derrière cette grande ouverture une énorme quantité de bois qu'ils allument à l'instant; les Chrétiens , montés à la brèche, trouvent une barrière de feu : étonnés, ils s'arrêtent; cependant, entraînés par Lusignan, ils allaient la franchir et revenir a la charge, lorsque Malek Adhel se présente toutà-coup devant eux. Son aspect formidable, ses regards etincelants , sa voix terrible, les effraient bien plus que les flammesqu'onleur opposait; en vaiuRichard les rallie, en vain liUsignan, resté seul

sur la brèche, les rappelle par son exemple ; la vue de Malek Adhel armé de son glaive, et se préparant à les attaquer, les a frappés d'une msurmontable terreur :

ils se précipitent dans leur camp pour y chercher un refuge, et le roi de Jérusalem, abandonné de ses soldats, se voit obligé de les suivre, et d'aller cacher dans sa tente sa colère et sa honte.

Cependant, loin de perdre courage, il ranime celui de ses troupes; il les fait rougir de leur frayeur; il en reçoit la promesse de ne plus reculer : alors , avec un zèle infatigable , il passe les nuits à faire construire de nouvelles machines, les jours à les essayer; il envoie sur les montagnes voisines chercher des pierres que ne fournit point le terrain de Césarée, et en fait remplir les fossés; enfin, il n'est point dejsoins qu'il ne prenne, point de fatigue qui le rebute ; il trouve dans Richard un zélé compagnon d'armes; et, unis d'un nouveau nœud par les travaux qu'ils partagent ensemble, c'est d'une même voix qu'après avoir préparé tous les instruments meurtriers qui doivent renverser Césarée, ils demandent à toute l'armée l'assaut général pour le lendemain.

Le lendemain , au bruit des timbales , des trompettes, des cris des soldats, et du fracas des machines, on donne l'assaut général. Lusignan, Richard, et le duc de Bourgogne , réunissent leurs efforts contre une des plus fortes tours; ils en font saper les supports , et , du sein de la vaste machine qui les roule tous trois dans ses flancs, et les met à l'abri des traits ennemis, ils lancent des crochets de fer contre le mur et l'ébranlent avec de longs béliers; enfin, cédant à leur attaque , la tour s'écroule et se renverse. Fiers de ce succès , et sûrs de la victoire , les Chrétiens courent en cet endroit pour se jeter dans la ville; mais une seconde fois la flamme les arrête : une immense quantité de paille et de foin embrasés sert de rempart aux Infidèles , et aveugle les Chrétiens. Ceux-ci suspendent leurs coups, et ne reculent point; ils se flattent que, quand ces matières combustibles se-

ront épuisées, ils pourront passer librement; mais à peine la funiee est-elle dissipée , qu'ils découvrent , de l'autre coté , qu'un nouveau mur s'est élevé , un mur de piqups , de lances , d'épées , non moins meurtrier que le feu, et bien plus impénétrable. Vainement ils s'efforcent d'avancer, les Musulmans, immobiles, les repoussent sans les attaquer; Richard lui-même, à la vue de ce nouveau remj)art , si habilement construit qu'on n'aperçoit que les lances qui le forment, et non les hommes qui le soutieinient, Tin- Irépide Richard se sent énrj , et s'arrête étonné. « Mon frère, dit-il à Lusignan, en nous jetant contre ce mur extraordinaire , nous courons à une mort certaine ; niais crois-tu que nous puissions le renverser , et ouvrir ainsi un passage aux Chrétiens qui nous suivent? — Je n'eu sais rien, lui répniid Lusignan, furieux de ce nouvel obstacle; mais le moment est venu où je méprise les conseils de la prudence, et oii je ne veux plus que la victoire ou la mort : recule-toi, moii frère, car, si je succombe, tu pourras venir du moins , sur mon corps expirant , mettre le feu à Césarée, et arracher la vie à mon odieux rival. ^ Qu'un autre que toi m'eût dit de reculer, s'écria Richard avec des regards enHammés, c'eût été sa dernière parole : viens , mon frère , périssons ensemble. — Chréiiens , s'écrie Lusignan , que ce mur ne vous intimide point; derrière sor.t les palmes du martyre et le tombeau de vou-e Dieu, et je vais vous montrer comment on le renverse. '> 11 dit, s'élance; les Chrétiens le suivent; mais tout-à-coup ce mur, d'immobile qu'il était, et sans changer d'aspect, s'avance avec une vélocité prodigieuse; les Chrétiens, à la vue de cette multitude de fers aigus qui les menacent et se meuvent comme par enchantement, se renversent les uns sur les autres, et tombent pêle-mêle dans les fossés. La déroute est générale : en dépit des efforts d'une valeur incomparable , Lusignan est entraîné par les fuyards; le duc de Bourgogne, aidé de ses Français , résiste encore , et ne se retire que

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quand tout espoir est perdu. Richard, de la brèche où il combattait, saute sur l'autre bord du fossé, 'et, là, s'arrête immobile; il ne peut se résoudre à abandonner sa proie; il la dévore du regard ; il oublie qu'il est seul , que déjà tous les siens sont rentrés dans le camp; et emporté par ce courage qui lui acquit dans cette guerre le surnom de Cœur-de-Lion , armé de son épée, il va recommencer le combat. Les Musulmans le recoimaissent , moins à ses armes qu'à sa valeur; ils quittent alors leur attitude menaçante, et courent vers lui pour le charger de chaînes, en s'écriant : C'est le roi! c'est le roi! » C'est le roi! interrompt une voix bien connue de Richard : le roi, seul et à pied! qu'on lui amène un cheval '. " A cet ordre, les Sorrazins obéissent ; ils présentent à Richard un cour- -•■•ler superbe, et se retirent dans la ville, où déjà JMalek Adhcl s'occupe à réparer les murailles ébranlées ; et Richard , honteux de sa défaite , et chargé d'un nouveau bienfait, s'achemine lentement vers le camp, sans savoir lui-même si c'est la haine ou la reconnaissance qui domine le plus dans son coeur.

Tout le camp est dans la tristesse, les troupes sont découragées, un noir chagrin dévore l'ame de Lusignan. Debout , au milieu de sa tente, appuyé sur sa longue lance, sa cotte d'armes déchirée et couverte de sang, il médite en silence de vastes projets; et, ne pouvant devoir la victoire h son courage, il cherche par quel autre moyen il pourra l'obtenir; il renferme a;i fond de sa pensée les souibres desseins qui l'agitent , et se garde bien de les dire à Richard. Richard déteste la ruse; même pour entrer à Jérusalem il ne l'emploierait pas; et dans son âme, comme dans celledes Clhrétiens , il y a une loyauté qui ne leur permettrait pas de vouloir d'un triomphe qu'ils devraient à une perfidie.

En voyant Richard arriver dans sa tente, Lusîs^nan lui prend la main, et lui dit : « Mon frère, il serait inutile de

' TiLiit historique.

MATH tenter un nouvel assaut; si une victoire ne vient ranimer nos troupes, nous pourrons mourir sans combat devant les murs de Césarée: crois-moi , Richard , portons nos forces ailleurs; vc yons si Saladin ne sera pas plus facile à vaincre que Alalek Adhel; tandis que celui-ci nous croira occupés à réparer nos désastres, celte nuit même, à la tête de nos meilleures troupes, avance-toi vers Ascalon ; si tu as besoin de mon bras, j"irai te joindre; sinon, je resterai ici, dans l'espérance que Malek Adhel, fatigué de son inaction et de la notre, fera enfin quelque sortie où je pourrai le trouver, le c unl^attre, et le vaincre peut-être. » En achevant ces mots, dans les yeux de Lusiîïiîan roulait Un feu ardent et somhi-e, tel que la vengeance en allume dans les âmes haineuses. Rirhavd approuve son proj'^t: il le communique aux principaux chefs; tous y applaudissent. Alors le roi d'Angleterre partage l'armée : une moitié le suit ; il laisse l'autre sous le commandement de Lusignan, et veut que, pendant son absence, tous les princes soumis à ses ordres le soient à ceux de son ami ; personne ne conteste à Lusignan la glorieuse marque d'honneur qu'il reçoit; et le courage intrépide qu'il a montré dans les deux derniers assauts , le fait accepter avec joife pour chef suprême de tout le camp. Malgré les préca"tions de Richard, rien n'échappe à l'œil perçant de Malek Adhel; il sait qu'une partie de l'armée s'éloigne du camp et s'enfonce dans les forêts qui entourent Césarée; mais il ignore quel chef la conduit et quelle route elle prend : divers bruits lui font croire qu'elle retourne vers Ptolémaïs; ce mystère l'élonne, peut-être il pourrait l'éclaicir en faisant une sortie, et, par des détours qui lui sont bien connus, surprendre l'armée et remporter une facile victoire: mais la victoire l'appelle moins que le combat ne lerévote.

Le sang des Chrétiens lui f:iit horreur, ce sont les frères de Matbilde, et une sorle de voix prophétique crie au fond de son cœur que le moment n'est pas loin où ce seront aussi les siens.

Les Croisés, renfermésdànsleur camp, ont cessé leurs attaques, et Ma'ek Adhel j)oursuit en paix ses travaux. Il réédifîe la tour écroulée, il répare les brèches, et redonne une solidité nouvelle aux Tnurailles chancelantes. Pendant qu'il s'étonne du peu d'obstacles qjie les ennemis opposent à la défense qu'il prépare, les Musulmans, descendus dans les fossés de la ville pour soutenir les fondements des murs, ont surpris un soldat qui scinblait les observer avec attention, ils s'en saisissent et l'amènent devant Malek Adhel; à la vue de ce prince, il se trouble, i! pâlit, et rache dans ses mains des pleurs qu'il s'efforce en vain de retenir. Alalek Adhel étonné lui dit : « Si c'est la frayeur nui t'agite ainsi , et que tu redoute^ le châtiment qui t'est dû pour t'être approché de nos murailles afin d'espionner nos travaux , connais-tu si peu ton.iuse que tu ne puisses espérer en sa clémence? — .Ah! c'est parce que je le connais ce juge magnanime, répondit le soldat d'une voix entrecoupée et en fra'^pant sa poitrine, que je ne puis me pardonner ma rerfidie ! — Ta per^die ! quelle est -elle? exnlique-toi: un aveu sincère peut tout réparer. — Rélas! repartit le guerrier avec une expression de douleur plus vive encore, il en est que rien ne répare , et peut-être au moment où je parle, tout est-i! perdu p'^ur vous. — Que veux-tu dire? s'écria vivement le prince . cîu'ai-ie perdu ? et qu'estce que ta pe--fidie m'a ravi? — Je ne puis le dire qu'à vous, » répondit le soldat tremblant et confus, ^lalek Adhel fit un signe, tous les témoins s'éloignèrent; les voilà seuls; l'étranger tombe aux genoux du prin^^e. « Ah ! lui dit-il, je suis indigne de vivre, je vous ai trahi, j'ai trahi la princesse j\IatMlde; à cette heure-ci elle vous accuse sans doute de

n'avoir pas prévenu son malheur —

Chrétien , interrompt ce prince, que distu de Matbilde et de son malheur? parle, précipite tes paroles, ton silence me fait mourir. — Seigneur, détournez de moi votre colère, ne voyez que mon repentir — JNe me parle ni de ton repen-

tir ni de ma colère, s'écria impétueusement le prince, ne me parle que de Mathilde; que la frayeur ne t'arrête plus; quoi que tu aies fait, ta grâce t'est assurée. — ]\oble prince, reprit le soldat avec un peu plus de hardiesse, prêtez donc l'oreille au récit que j'ai à vous faire, et plaise au ciel que ce ne soit pas trop tard. J'ignore si votre pénétration , à qui rien n'échappe, a eu connaissance de l'absence de Richard et des intentions de T.usignan. »

Malek Adhel, dont le cœur commençait à concevoir d'horribles soupçons, s'écria : « J'ai aperçu une partie de l'armée se détacher du camp , mais je n'en sais pas le motif; hate-toi de me l'expliquer. » L'étranger reprit : « La nuit même qui suivit le jour où vous repoussâtes les Chrétiens avec tant d'habilité, Richard , à la tête de ses meilleures troupes, s'avança du côté d'Ascalon, dans l'espoir de surprendre Saladin et de venger sur lui notre défaite; il s'éloigna, laissant Lusignan maître du camp et chef de tous les souverains; mais à peine ce dernier se vit-il libre de disposer de l'autorité que l'absence de Richard lui laissait, qu'il dit au conseil réuni, qu'avant de marcher à Ascalon, l'intention du roi d'Angleterre était de se rendre au Carmel. « C'est là qu'il m'attend, ajoutat-il, pour me donner une épouse que j'aime, pour ranimer, par cette auguste union, le courage de nos troupes désolées, et nous venger de Mnlek Adhel. « 31 dit, chacun le croit; suivi de peu de soldats, il quitte le camp, prend la route du Carmel ; nul ne s'oppose à son départ. Attaché depuis longtemps au service du roi d'Angleterre, je veux m'assurer s'il est en effet auprès de sa sœur , et je suis

Lusignan Seigneur, que vous dirai-

je? tous les discours du roi de Jérusalem n'étaient qu'un tissu d'horribles faussetés, et sa conduite n'était que perfidie; c'était à dessein qu'il avait éloigné Richard; et, en s'appuyant de son autorité auprès des Chrétiens, il les avait trompés. J'ai vu, seigneur, j'ai vu ce roi sacrilège violer la sainte retraite.

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abattre les grilles sacrées , j'ai vu la princesse d'Angleterre, pâle et' tremblante, amenée en esclave devant lui; mais sans pitié pour elle, sans remords sur sa trahison, il a fait décorer l'église, les flambeaux d'hymen se sont allumés ; il a juré qu'un jour de plus ne se passerait pas avant que la princesse fût à lui. Cependant , au milieu des guerriers qui accompagnent Lusignan, une des femmes de la princesse, la fidèle Herminie, me reconnaît ; elle accourt vers moi, me remet un papier, et me dit : « Si demain ce billet est entre les mains du prince Adhel, il n'y a point de place si brillante où il ne t'élève. » Elle achevait à peine, qu'ayant aperçu Lusignan qui entrait à l'autre bout du grand corridor où elle me parlait, la frayeur la saisit, et elle s'enfuit précipitamment; mais Lusignan a tout vu; il s'approche, et me dit : '< Donnemoi le papier que tu caches dans ton sein, et cette bourse est à toi. » Seigneur, vous l'a vouerai-je, continua le soldat en redoublant de sanglots, je cédai à une vile tentation ; les promesses de la princesse pouvaient être chimériques , l'or de Lusignan était devant mes yeux ; il m'éblouit; je cédai, je donnai le papier; mais depuis ce moment, déchiré de remords, il me fut impossible de demeurer témoin du sacrifice qui allait se consommer; je partis la nuit même en secret; le repentir m'entraîna vers Césarée; j'espérais être pris, être traîné devant vous ; ne pouvant vous remettre le billet de la princesse, vous dire du moins son malheur.... — • Et dis-moi, dis, interrompit le prince, d'une voix tremblante de la plus violente émotion , quel est le jour dés'gné par Lusignan pour consommer son horrible forfait? — Seigeur, reprit le soldat, c'est aujourd'hui qu'était le jour désigné par Lusignan; mais il se pourrait que l'état et les prières de la princesse eussent obtenu un délai jusqu'à demain — Je serai demain auprès d'elle, s'écria impétueusement le prince; j'y serais aujourd'hui, s'il n'était pas indispensable au succès de mes desseins de ne sortir de Césarée

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^u'à la nuit, afin de n'être pas aperçu des Chrétiens. » A peine l'obscurité commence-t-elle à se répandre sur l'univers, que Malek Adhel fait appeler Mohamed et Kaled, ses deux plus fidèles serviteurs ; il dit au premier : « Ecoute , Mohamed , des intérêts pressants m'appellent hors de Césarée; pendant deux jours que durera mon absence, commande à ma place; sois sans inquiétude, tu ne seras pas attaqué, j'en suis certain ; Richard et Lusignan ont quitté le camp des Chrétiens , et, sans eux, les Clu-étiens n'oseront pas combattre : toi, Kaled. assemble trente de mes plus braves soldats, et suis-moi dans la périlleuse entreprise où je vais m'engaser; Kaled, si nous trouvons l'ennemi, de quelque nombre qu'il soit accompagné, nous ne reculerons pas; hâtons-nous , ami , un moment peut tout perdre. »

Mohamed et Kaled, persuadés que le soldat étranger a dévoilé au prince une marche secrète des Chrétiens, se réjouissent de le voir enfin décidé à les combattre: tous deux, jusqu'ici, savaient bien que le seul amour avait enchaîné la valeur du héros ; ils se flattent qu'il a enfin vaincu l'amour ; du moment qu'il consent à marcher à l'ennemi , ils sont surs que la victoire ne quittera plus leurs drapeaux ; et, remplis de cette espérance, tous deux exécutent avec allégresse les ordres qu'ils viennent de recevoir.

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