‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 3)Chapitre 8 sur 29 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Décision importante.

Cepetsidaist mistriss Clare s'inquiète et s'étonne de ne point voir revenir son amie. Elle écrit pour s'informer des motifs de son relard. Cette lettre réveille Malvina du doux songe où elle s'endormait , et lui rappelle que sir Edmond n'existe pas seul au monde. L'instant d'après , elle apprend par mistriss Moody , qui le tient d'Anna , que mistriss Birton , surprise des longues absences de sir Edmond , qu'elle ne pouvait pas attribuer à l'amour de la dissipation , puisqu'on ne le rencontrait plus dans aucune partie de plaisir , l'avait fait suivre par M. Fenwich , et s'était assurée qu'il passait toutes ses journées chez mistriss Moody, qu'en conséquence , elle avait

chargé mistriss Tap d'y aller pour s'informer, avec adresse , de toutes les personnes qui habitaient dans cette maison. Malvina, alarmée de l'inquièe perquisition de mistriss Birton , et rappelée à elle-même par la lettre de mistriss Clare, sentit que les jours de bonheur étaient passés , et qu'il était temps de partir. Elle attendit Edmond a^vec impatience , et aussitôt qu'il fut venu , elle lui fit part de ce qu'elle avait appris et du projet qu'elle avait formé. « Malvina , ma tendre amie ! lui dit-il , se peut-il que vous ayez conçu la pensée de me quitter ?

Ne sommes-nous pas libres l'un et l'autre ? Qui donc nous empêche de fixer pour jamais le bonheur auprès de nous ? Enivré d'amour et du plaisir de vous voir chaque jour , j'oubliais qu'il est une félicité au-dessus de celle de vous aimer ; mais le moment est venu de la connaître , et il faut que Malvina m'appartienne, non plus seulement par le don de son cœur , mais par celui de sa main et de sa foi. , . ,

3Ne rougissez pas, ma charmante amîe i votre délicate pudeur doit-elle s'effrayer du bonheur de votre amant ?

tj- Edmond ! cher Edmond ! lui ditelle , je le sens , il m'est désormais im- Î)Ossible de vous résister; et si vous 'exigiez , je vous suivrais demain à l'autel. Mais quand mon courage m'abandonne , c'est à votre générosité que j'ai recours, c'est à elle que je demande de ne point abuser de votre empire r de soutenir ma faiblesse et de me rappeler des serments que vous pouvez me faire oublier. — • Chère Malvina l répondit-il , qui pourrait abuser de votre angélique douceur ? De quoi ne triompherait-elle pas ? Non , non , dussé-je être la victime de ma franchise, je ne trahirai pas votre confiance , et rien ne vous sera caché ; vous saurez donc que mistriss Birton a entre ses mains un ordre de milord Sheridan , qui lui permet de vous enlever votre enfant aussitôt qu'elle vous saura mariée. — Ah ! Dieu ! s'écria Malyina en palissant, Edmond 7 qu'a-

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vez-vous dit ! C'en est donc fait! il faut renoncer à vous! — Y renoncer, Malvina ! reprit-il en la fixant avec des yeux pleins d'amour et pressant ses deux mains contre sa poitrine , y renoncer ! Qu'as-tu osé dire ? quel blasphème viens-tu de proférer ? et comment ton cœur a-t-il permis à ta pensée de le concevoir ? Nous séparer , Malvina ! eh quoi ! ne sens-tu pas que désormais nous ne pouvons plus que mourir ou vivre ensemble ? — Edmond , reprit-elle en pleurant, j'ignore si je pourrai survivre au malheur de ne plus vous voir ; mais , n'importe , ma vie dût- elle être le prix de notre séparation , je ne hasarderai pas de voir passer Fanny , ce précieux dépôt que me confia l'amitié , entre les mains de l'odieuse mistriss Birton.

Ah , Dieu ! à cette seule idée , je sens tout mon sang frémir ; il me semble voir le ciel , la terre et Clara ellemême se révolter contre moi et me reprocher éternellement mon parjure ; «t vous-m&ne, Edmond, vous, quelle

68 MALVTNA.

foi pourriez-vous ajouter à mes serments , quand vous m'en auriez vu violer de si saints , de si irrévocables ? Quelle confiance pourrait vous inspirer une femme en qui la passion l'aurait emporté sur le devoir ? Quel bonheur pourrait vous donner une infortunée que sa conscience déchirerait jusque dans vos bras? ... — Malvina, interrompit-il, ah ! vous m'êtes trop chère pour que mon bonheur me rendît heureux s'il ne faisait pas le vôtre ! ÎSfon, non , ne croyez pas que, pour vous posséder, je veuille troubler la paix de votre ame céleste, et irriter les cendres de votre amie , en vous ôtant son enfant; mais , femme idolâtrée r 1u pourrais , en m'appartenant , garder près de toi la fille de ta Clara; je jouirai des soins touchants que tu lui rendras , et te demanderai seulement de les partager quelquefois. — Ah ! mon Edmond , quelle image ravissante !

montrez-moi qu'elle est possible , et c'est avec délice, c'est avec transport que Malvina se donnera à vous. — ■*

Ecoutez, Malvîna , reprit-il très-vivement , après-demain matin, à la petite pointe du jour, vous vous rendrez à un mille d'Edimbourg sur le bord de la mer ; là , est une église abandonnée qui fut bâtie jadis par les rois d'Ecosse , et qui sert maintenant à ceux qui professent votre religion ; un prêtre catholique s'y trouvera , je vous y attendrai , et au pied des saints autels , le ciel recevra nos vœux ; mais le secret de notre union restera entre nous et lui : en sortant de l'église , je vous conduis dans une petite campagne solitaire à quelques milles d'Edimbourg , qu'un de mes amis consent à me vendre en secret ; je vous y laisse , et aussitôt je pars pour Londres ; je vole chez milord Sheridan, je m'en fais connaître , estimer ; il est touché de notre amour, il se rend à nos vœux , il nous laisse sa fille , j'en reçois la promesse de sa bouche , un écrit la confirme , je le pose sur mon sein, c'est le sceau de votre bonheur , je vole vers vous , Fanny vous reste ,

,70 malvina:

vous m'appartenez , la mort même ne nous sépare pas , et nous sommes heureux pendant l'éternité. » JYIalvina était si émue en l'écoutant , qu'elle fut quelques moments hors d'état de parler ; la tête penchée sur ses deux mains 7 elle semblait méditer la réponse qu'elle allait faire ; Edmond , craignant que ses reflexions ne lui fussent pas favorables , la conjurait de s'expliquer dans les termes les plus pressants et les plus passionnés , et tout en redoutant un refus , il ne pouvait en supposer la pensée , et l'impétueuse impatience qu'il retenait à peine était prête à éclater , lorsqu'àprès un assez long silence , Malvina se tourna vers lui avec une grâce inimitable , les yeux baissés et les joues couvertes du plus vif incarnat. « Cette main est à vous , dit elle en la lui présentant , mais ce n'est qu'à votre retour de Londres t\ue je puis consentir à vous la donner. Partez donc , Edmond , allez persuader milord Shervdan , cela vous sera facile ; de faux'

malvina: «,

rapports ont abusé sa crédulité, ïl suffira de l'éclairer pour nous le rendre favorable; montrez-lui vos généreuses dispositions en faveur de sa fille , et soyez sur qu'il cédera ; et alors , Edmond , revolez vers votre Malvina t et vous verrez, quand elle sera libre de pouvoir se donner à vous , si son cœur saura répondre au vôtre. i> En la voyant résister à ses prières , Edmond , irrité d'être déçu dans ses espérances et s'abandonnant à tout l'emportement de son caractère et de sa passion , s'écria avec véhémence : « Non, non, non, n'espère pas que je te quitte ainsi , n'espère pas que je m'éloigne avant d'avoir acquis sur toi des droits aussi sacrés qu'inviolables ; que je sois écrasé si je le fais ! Malvina liï faut que tu m'appartiennes , dussestu en être la victime et moi aussi : oui y je le jure , tu seras à moi en dépit du monde entier, de tes serments et de toi-même. —Edmond , reprit -elle avec une surprise mêlée de dignité , quel fruit espérez-vous de cet ernpor-

r-j. MALVINA.

tement ? Croyez-vous faire céder pa> la crainte celle qui a su résister à l'amour ? — Ne parle point d'amour, interrompit-il d'un ton farouche ; je le vois trop maintenant, tu ne m'aimas jamais. — Il ose dire que je ne l'aime pas ! s'écria- 1- elle en joignant ses mains vers le ciel. — Non , tu ne m'aimes pas ; si tu m'aimais , mon désespoir t'aurait touchée , mes instances t'auraient attendrie ; en vain l'image de ton amie aurait lutté contre mon amour , en vain serait-elle venue du fond de son tombeau te disputer à moi, elle ne l'aurait pas emporté; mais toute morte qu'elle est , milady i>heridan conserve sur toi une puissance qu'aucune autre ne peut balancer , et ton paisible cœur ne connut jamais que l'amitié. — 11 ose dire que je ne l'aime pas ! répéta Malvina avec l'accent le plus douloureux. — Non , tu ne m'aimes pas comme je t'aime ; l'amour ne règne point en tyran dans ton ame , tu sais le soumettre à la raison , aux convenances; il ne te fait rien oublier.

malvina; y3

— O Edmond ! osez le dire, s'il remportait sur le devoir, m'estimeriez-vous encore ? — Que parles-tu de mon e>t time? est-ce elle qui doit t'occuper ?

Ah ! tu n'y songerais pas tant si ti* pensais plus à mon amour. — Et la conscience, Edmond! est-il un bonheur que ses reproches n'empoisonneraient pas?— -Malvina, quand l'amour n'est pas une flamme qui échauffe, mais un feu qui brûle, qui consume, qui dévore, il étouffe tout, tout, jusqu'à la conscience. — O Edmond! s'é~ cria-t>elle en gémissant , si vous saviez le mal que vous me failes, en paraissant douter de ma tendresse ! — Mais, dis, Malvina , dis , si tu m'aimais, pourquoi me laisserais-tu en proie a de si cruels tourments? pourquoi ne comblerais-tu pas mes vœux? O ame de ma vie! continua-t-ii en la pressant dans ses bras, si le saint engagement que je te propose ne t'effraie que par la crainte qu'il ne soit pas assez secret, fais plus encore, donne-toi à ton amant, et n'ayons d'autre témoin que le ciel,

de nos vdeux et de noire bonheur.

Edmond ! Edmond ! répondit elle éperdue et en s'éloignant avec effroi, peutêtre serais-je moins' coupabie, je ne sacrifierais que moi. — Eh ! pourquoi serais-tu coupable? reprit-il avec une ardeur qu'il ne pouvait plus modérer; n'es-tu pas libre? ne t'appartiens -lu pas ? A qui dois-tu compte de tes actions? Crains-tu l'opinion publique r Mais qu'est-elle devant le bonheur de ton amant? — O l'insensé! s'écria-t-elle en s'éloignant encore, l'insensé, qui, dans son étrange égarement, veut se dérober à lui-même le bien le plus

Ï>récieux, celui qui peut seul répandre a paix sur 5a vie, la vertu de sa femme ! Dis-le, dis, homme aveuglé, comment ne rougirais-tu pas de recevoir ma main, si, en te la donnant, je n'avais plus qu'elle à t' offrir? — Orna M'alvina, interrompit-il impétueusement , que fait à ton amour l'instant oii les hommes y mettront leur sceau ? En as-tu besoin pour te donner à moi ? et accorderas-tu à une de leurs institu-

ïions , ce que l'excès de mon amour n'aura pu obtenir ?Non, Malvina, non, le bonheur de te posséder ne doit émaner que de ta seule volonté; c'est un bien qu'il n'appartient pas aux hommes de donner, et que l'amour seul doit recevoir de l'amour. O ma bien— aimée! rien que lui entre toi et moi; que lui seul nous unisse! N'est-ce pas, ma Malvina, tu le veux ? Mais non, non, ajouta-t-il vivement et en l'entourant de ses bras, ton doux silence a été entendu de ton amant; il ne veut pas d'aulre réponse. — Arrêtez, Edmond, s'écria~t-ei|e en s'efforçant de s'arracher d'auprès de lui. >j Ses efforts sont vains : en proie à son délire , il la retient contre son sein. «Arrêtez, dit-elle d'une voix plus faible.» Il n'écoute rien ; ses lèvres ont touché celles de son amante , quelle force humaine pourrait enchaîner ses transports? L'univers entier s'écroulerait, qu'il ne l'entendrait pas. Dans cet instant, la voix seule de la vertu indignée pouvait arriver jusqu a lui. o Laissez-moi , s écris

?6 MALVIÏîA.

IVÎalvina avec cet accent qui commande et auquel la frénésie même ne résista jamais. » Edmond éperdu obéit : elle fuit sans qu'il songe à la retenir; elle cache sa rougeur brûlante derrière un rideau qu'elle inonde de ses larmes. En vain Edmond à ses pieds veut-il obtenir son paidon ; elle résiste à ses prières , elle refuse même de jeter un regard su» lui. « Partez, lui dit-elle, partez, je ne vous reverrai qu'à votre retour. »

Dans le caractère indompté d'Edmond, l'orgueil l'emportait souvent sur la tendresse : il s'indigne à la fin de supplier si long-temps , et d'une voix où la co!ère se mêlait au désespoir, il l'assure que, s'il sort sans avoir obtenu sa grâce, elle ne le reverra jamais.

Celte n-enace révoite la fierté de Malvina, et saris daigner lui parler, elle lui fût signe de la main de s éloigner. Surpiis d'un orgueil qui prétend s'égaler au sien, il ne conjure plus* il ne gémil plus , il sort désespéré; mais en arrivant chez lui , il succombe accablé

MALVITTÀ? 77

éoufc la violence des passions qui bouil* lonnent dans son sein, et une lièvre ardente le saisit. Malvina l'apprend:

à l'instant elle est vaincue ; toute autre considération disparaît; elle croit le voir mourant une seconde fois; elle s'accuse d'être la cause de sa mort ; et dès*lors.; il n'est plus de sacrifices qu'elle ne veuille faire, plus de devoirs qu'elle n'oublie, plus de preuve d'amour qu'elle ne soit prête à donner. « O mon Edmond! vis pour ta Malvina, lui écrit-elle; Malvina ne veut plus vivre que pour toi; marque le lieu, le temps, Theure où tu veux recevoir sa foi, et elle vole aussitôt s'engager pour jamais. »

Sans doute , malgré les miracles d'à* mour, ce billet n'eût pas suffi pour guérir Edmond , si son indisposition avait été autre chose qu'un accès de fièvre violent , mais passager , et occasonnéseulement par les agitations bouïl* lantes et tumultueuses qu'il avait éprouvées. Dès le lendemain , Malvina le *it arriver chez elle , le cœur plein de

joie et de reconnaissance, et quoique repentant de son emportement de la veille et soumis en apparence , toujours constant néanmoins dans sa volonté , et ayant déjà pris toutes les mesures nécessaires pour obliger Malvina à se trouver le lendemain matin , de bonne heure , à l'église où ils devaient recevoir la bénédiction nuptiale. Elle se sentit interdite , en voyant que le moment irrévocable était enfin arrivé : un désordre confus s'éleva dans son ame, et le souvenir de ses devoirs luttant contre le sentiment de l'amour , lui livra un cruel assaut , mais ce fut le dernier. KHe surmonta le trouble qui l'obsédait ; et , quoi qu'il en pût arriver, elle déclara qu'elle ne rétracterait passa promesse, et quelle se rendrait le lendemain matin à l'église indiquée.

Le combat que venait d'éprouver Malvina n'avait pas échappé aux yeux d'Edmond , et il avait senti combien il eût été plus délicat à lui de ne point abuser d'un ascendant qui enchaînait Malvina ? maigre elle, dans une dé-

marche qu'elle se reprochait; mais l'amour d'Edmond, il en faut convenir, était plus ardent que généreux , et malgré ses scrupules , en proie à sa bouillante impatience , il ne sut pas faire au repos de son amie le sacrifice de ses propres désirs.

Il aurait bien voulu qu'il eût été possible que Malvina raccompagnât à Londres ; sans doute elle le désirait aussi , mais elle fui fit sentir combien il était important de ne pas divulguer leur mariage par une démarche imprudente , avant que milord Sheridan y eût donné son consentement. «Songez, Edmond , lui disait— elle , qu'il est possible qu'il se refuse à vos sollicitations , et que, dans cette terrible alternative , il est essentiel que notre union reste couverte des ombres du mystère, afin que mistriss Birton n'use pas de ses droits pour venir enlever ma Fanny à sa seconde mère. *> Edmond, voyant qu'à cette pensée Malvina pouvait à peine retenir ses larmes , se hâta de changer de sujet, et lui dit que

8ô MALVINA.

comme il savait que mistriss Birtoh faisait épier toutes ses démarches , il avait chargé son ami , sir Charles "Weymard , de découvrir un piètre catholique qui consentît à sanctifier leur union ; que ce même ami leur servirait de témoin avec misirissMoody* et qu'il n'y aurait que ces deux seules personnes dans leur confidence , puisque c'était précisément sir Charles qui consentait à lui vendre sa campagne , sou« le nom de Malvina. Il fut résolu , entr'eux , qu'aux yeux du monde elle passerait pour la seule propriétaire de ce lieu , et qu'elle serait censée l'avoir pour y vivre dans une profonde retiaile avec son enfant, loin du inonde et des hommes , projet qui s'accordait fort bien avec son caractère connu: si Edmond parvenait à toucher miiord Sheridan , il publierait aussitôt son mariage , et amènerait Malvina en triomphe à sa terre p'ès de (ilascow ; mais si lé père de Fanny restait inflc.xi- })b*, alors Malvina ne quitterait point sa retraite* et son époux ne viendrait

MALYINA. Si

F y visiter que par une porte dérobée de l'enclos , afin de ne mettre aucun domestique dans leur confidence.

Enfin , il fallut se séparer; Edmond ne pouvait s'y résoudre ; quoique certain de rejoindre Malvina dans quelques heures pour l'enchaîner à jamais, il craignait, en la quittant , qu'elle ne s'abandonnât à de tristes réflexions.

L'idée qu'elle nç partageait pas tout son bonheur lui était insupportable , et Une pouvait s'empêcher d être j-aïoux du repentir qu'il lui supposait. Assurément , la joie de Malvina n'était pas exempte de craintes et de remords; mais, enfin, elle n'avait plus le choix de son sort , il fallait se donner à Edmond ; elle le connaissait ombrageux, et elle rappela tout son courage pour qu'il ne vît en elle aucune incertitude qui pût lui faire craindre qu elle se donnât à regret.

malvina;

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