CHAPITRE IL
JLjEs différends qui survinrent bientôt entre Richard et Philippe-Auguste, et dont les perfidies de Tancrède, roi de Sicile, furent la première cause, murent obstacle au dessein que le monarque anglais avait formé de célébrer à Messine son union avec Bérengère ; et ce ne fut qu'après avoir conquis Chypre , que , maître de celte île fameuse, et couronné des mains de la victoire , il put en ordonner la fête auguste.
Jamais hyménée ne fut consacré sous de plus heureux auspices , ni entouré de plus de magnificence et d'éclat.
Vainqueur d'Isaac , roi de Chypi'e , Richard régnait sur le royaume qu'il ve-
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liait de lui enlever, et se consolait d'avoir tant tardé à partager son trône avec Bérengère, par le plaisir de placer sur sa tète une couronne de plus.
Au bruit de son triomphe, on vit accourir Guy de Lusignan, roi de Jérusalem : ce Jeune et superbe souverain r dont l'indomptable valeur n'avait pu soutenir le trône, et qui, chassé de ses étals, se voyait disputer par Conrad , marquis de Montferrat, jusqu'à l'espoir d'en redevenir maître un jour, venait implorer l'appui de Richard contre les injustes prétentions de son rival; il lui était d'autant plus nécessaire , que Philippe-Auguste s'était déjà déclaré contre lui en arrivant en Syrie, et soutenait de tout son pouvoir les droits de Conrad, qui, maitre de Tyr , seule ville que les qhrétiens possédassent encore en Svrie, en avait fait fermer les portes à Lusignan , et avait levé contre lui l'étendard de la révolte. Depuis son séjour en Sicile, Richard croyait avoir à se plaindre de Philippe-Auguste: animé d'une seertte jalousie contre une gloire qui balançait la sienne, ilsaisit avec joie
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l'occasion qu'on lui offrait de se mettre à la tête d'un parti opposé au roi de France; touché d'ailleurs delà confiance de Lusignan, flatté de sa démarche, ému par ses malheurs, il s'engagea solennellement à le protéger contre tous ses rivaux; et dès ce moment, liés l'un à l'au-» trepar la reconnaissance et les bienfaits, ils lurent amis et se jurèrent foi et fraternité d'armes jusqu'à leur dernier soupir.
Raimond , prince d'Antioche , Bohéroond, prince de Tripoli, Raynaud de Sidon, Honfr;)i du Tlioron , et Léon, prince d'Arménie, avaient suivi Lusignan dans Pile de Chypre. En venant appuyer les prières de leur roi auprès de Richard, ils venaient aussi lui demander sa protection pour eux-mêmes.
Le monarque anglais leur promit de les soutenir tous dans leurs prétentions diverses, et de ne quitter la Syrie qu'après les avoir remis en possession de leurs élats. Pour prix d'un si éminent service , ces princes , et Lusignan luimême , consentaient à le regarder comme leur suzerain, et à lui payer le
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droit de vassclage : mais le noble Richard refusa un honneur qui aurait presque égalé le bien qu'il voulait leur faire- et tout ce qu'il exigea de leur reconnaissance j fut de les prier de prolonger leur séjour auprès de lui , afin qu'ils assistassent à la cérémonie de son mariage, et qu'ils en rehaussassent l'éclat et la pompe par leur présence.
Ce jour à jamais mémorable dans les annales de Chypre , fut annonce dès l'aurore par le bruit de mille instiumens ; la superbe église de St. -Jacques située entrée le port de Limisso et l'ancienne Amathone , fut décorée avec une magnificence toute royale; on joncha les rues de fleurs, on les tapissa de riches étoffes; Lusignan ouvrait la marche à la tète des princesses tributaires : sur leur vaste mantt.au , trempé dans la pourpre de Tyr, on voyait éclater en bïodcrie les feux du saphir oriental; un peu plus loin, l'or et l'acier reluisaient de toutes paits sur les cottes d'armes des seigneurs angiais : Richard les suivait la couronne sur la tète et le sceptre à la main; et la iille de Sanehès, dont le
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cœur palpitait depuis long-temps dans l'attente de cet heureux jour , la fille de Saucbès, qui allait jurer avec ferveur de n'aimer jamais que Richard, et recevoir avec transport le serment d'en être toujours aimée, la fille de Sanchès, enfin , presque belle ce jour-là de modestie et de bonheur, marchait à côté de son illustre époux; mais pour qu'il ne manquât rien à sa satisfaction, elle avait prié sa chère Mathildc d'en être témoin , et Richard l'avait exigé de sa sœur : la jeune novice parut donc à l'auguste fête : couverte de son voile , elle entra dans l'église à la suite de Bérengère , et vit pour la première fois une pompe nuptiale et les joies du monde sous leur aspect le plus séduisant. Ce serment d'un éternel amour adressé à un autre qu'à Dieu, étonna son innocence, et les accens passionnés de Richard, et les regards voluptueux de son épouse, troublèrent le cœur de la vierge.
Guy de Lusignan , placé à côté du roi, fut le seul de tous les princes qui pût s'approcher assez de Mathildc pour
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découvrir une partie des charmes que cachait son chaste bandeau de lin : ils allumèrent dans son âme un feu aussi snbit que violent -, mais le souvenir de Sibylle son épouse, et l'habit religieux de Mathilde, étaient des obstacles qui me lui permettaient point d'exprimer ses vœux : renfermant ainsi dans son sein son amour et sa douleur, il cacha à tous les yeux la blessure si profonde et si douce dont il ne devait plus guérir. Richard, bien plus guerrier qu'amant, rut à peine passé quelques jours auprès «le sa jeune épouse , que tourmenté du besoin de la gloire, il se prépara à s'embarquer pour la Palestine; mais prévenu par Eusignan que la mer était couverte de vaisseaux sarrasins, tous conjurés contre lui ; que les côtes de Syrie et même celles d'Egypte'en étaient infestées, que Malek-Adhel, le frère de Saladin et le plus redoutable guerrier do l'Asie, les commandait souvent, et avait jnré guerre à mort à tous les rois de l'Europe , Richard s'opposa à ce que Berengère etMathilde partageassent ses dangers : tous les efforts des ennemis
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allaient se réunir contre lui; pendant la traversée son grand cœur s'élançait I nu-devant d'eux, et il sentait bien que a pour être tout à la gloire, il ne fallait'' pas que les objets de sa tendresse fussent à ses côtés; assuré d'ailleurs' qu'aussitôt qu'il serait arrivé à Ptolémaïs, les inndrèli proie vers
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crut que le trajet serait alors sans aucun péril, et ordonna «que le vaisseau qui devait porter son épouse et sa sœur ne mettrait à la voile que quand le sien serait arrivé dans le port de Plolémaïs. Mathilde, accoutumée à l'obéissance, se soumit sans peine à la volonté de son frère; mais la tendre Bérengère, désespérée de se séparer de l'époux qu'elle chérissait, se précipita à ses pieds , baignée de larmes, lui demandant, comme la plus grande preuve d'amour qu'elle pût recevoir de lui, la grâce de partager les périls auxquels il allait s'exposer: touché de cettepeine, Richard fut pourtant inexorable dans ses refus; il lui re-
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présenta que sa présence et celle de Matnilde, en attendrissant son cœur , affaiblirait son courage et lui ferait peutêtre éviter un combat qu'il était de son devoir de rechercher : d'ailleurs, ajouta-t-il , ces mêmes ennemis qui vont Rattacher à me poui suivre , vous laisseront passer tranquillement,, et la tra- Terfée ne sera orageuse que pour moi.
— La jeune reine voulut insister encore, mais Richard , surpris de sa résistance , lui ayant dit d'un ton un peu sévère qu'il voulait être obéi , elle se tut aussitôt, glacée par la crainte d'avoir déplu à son époux, et dévorant en silence sa douleur et ses larmes.
Le roi de Jérusalem et les autres princes de sa suite s'embarquèrent avec Richard; il ne resta auprès de la reine qu'Onfroi du Tboron, les ducs de Northumberland et de Glocester, Simon de IMontfort, comte de Leicester, et quelques seigneurs français, parmi lesquels on distinguait le brave Adam de Turenne, grand chambellan, Enguerrand deFienneset Josselin de Montmorency, beau comme Renaud, intrépide comme
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lui, depuis peu dans l'adolescence, depuis long temps héros ; par ses exploits, il prometLait une nouvelle gloire à sa patrie et un nouveau lustre à son nom ; qui, né avec la monarchie, était déjà plus ancien que celui de ses rois.
Richard voulut aussi que l'archevêque deT3T n'abandonnât point les princesses. « Elles auront besoin, mon père, lui dit-il, en regardant la reine, que vous leur appreniez que les femmes doivent servir Dieu par leur patience et leur soumission , comme nous par les combats et la vaillance. » Bérengère n'entendit que trop ce que ces mots voulaient dire-, elle regarda son époux avec tant d'amour et de résignation, que le fier monarque en fut touché; et peutêtre aurait il cédéaux voeux d'une épouse si tendre , si , en lui devenant plu? chère par sa douceur, elle, ne lui avait fourni un motif de plus de ne pas l'exposer aux nombreux périls qu'il allait chercher.
Contente d'avoir obtenu l'approbation de son époux, elle renferme dansi sou âme les désirs qui l'agttent et les
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] crn in les qui la déchirent; et tandis que
I pâle et les yeux baissés , n'osant verser i aucune larme, cl'e l'accompagne jusj qu'au port, Mathilde , renfermée dans
II intérieur du palais, s'interdit le mur- |mnTe , se soumet aux volonlés de sou
frère et de son roi , et adresse des vœux pour lui an divin fils de Marie.
Poussé par un vent favorable, le va isseau du roi atteignit bientôt les rôles de L'Asie ; mais, -au moment de s'en approcher, il fat entouré par deux galères ennemies , montées chacune par huit cents hommes : loin de les fuir et de lescraindra, il provoque lui-même l'aborrtage : les épées brillent , le sang cotile, le carnage est affreux., -la valeur égale. Musulmans et chrétiens, tous paraissent attaquer et non se défendre. Cependant après un long et rude combat, lions lequel Richard fat vaillamment secondé par Lusignan , il vint à bout de couler à fond une des galères, de s'emparer de l'antre, et mouille le lendemain , 8 juin , à Ptolëm-aïa , précédé de la victoire et chargé des dépouilles de l'ennemi : tous les croisés le reçurent
avec des acclamations d'enthousiasme, et célébrèrent son arrivée et son triomphe par des feux de joie allumés dans Jout le camp.
Cependant Lusignan apprend que , durant son absence , la mort lui a ravi Sibylle, son épouse : cette perte , qui flattait la secrète passion qu'il avait rapportée de Chypre, pouvait être funeste à sa puissance: Sibylle, fille de Baudoin, héritière du royaume de Jérusalem, l'en avait fait couronner roi en l'épousant^ mais en mourant, ses droits retournaient à Isabelle , sa sœur cadette , épouse du marquis de Montfcrrat, et donnaient ainsi une force de plus aux prétentions de ce dernier. Lusignan, appuyé par Richard, soutenait que le caractère de roi était indélébile, et qu'on ne pouvait l'en dépouiller; il vit passer dans son parti les Pisaris, les Flamands et les chevaliers de St. -Jean; mais les templiers , les Génois et les Allemands , à la tête desquels se mit Philippe-Auguste, soutenaient les droits du marquis de Monlferrat : celui-ci, renfermé dans Tyr, orgueilleux de posséder eucore
une ville dans un royaume où Lusignan n'en possédait plus , insultait, du haut de ses superbes remparts , à la détresse de son rival ; et tandis que tons deux livraient le camp des croisés à la désunion et à la haine, en se disputant la possession d'une couronne qu'ils s'étaient laissés enlever par les infidèles , Saladin l'affermissait sur sa tète , en fortifiant cbaque jour Jérusalem contre le* futures attaques des chrétiens.
Richard avait établi son quartier dtt côté de la mer, afin de surveiller les moindres mouvemens des assiégés, et de mettre obstacle à ce qu'ils reçussent aucuu secours , tant par terre que par mer. A l'orient de la ville, vis-à-vis la plus forte des tours , appelée la tour maudite, on voyait flotter les bannières royales de Philippe-Auguste; et au milieu des camps , se déployaient les aigles glorieuses de l'empire d'Allemagne. Les trois nations se distinguaient par la couleur de la croix qui brillait sur leurs étendards : rouge dans Pempire des lis, elle était blanche chez les Germains , et Terte dans le camp anglais. Parmi toutes u 3
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ces différentes cours, celle d'Angleterre s'efforçait d'éclipser les autres par le faste et la magnificence , et tandis que Richard s'environnait de pompes et de somptuosités, Philippe-Auguste, plus simple et plus modeste, ne voulait tirer son éclat que de la haute et vaillante noblesse dont il était entouré : c'étaient les comtes de Dreux et de Chartres, Errard et A.ndré de Brienne, les Joinville, les Châtillon, les Coucy , noms éternellement chéris en France, et dont aucun événement ne pourra jamais effacer le souvenir ni la gloire.
Cependant Richard demandait à grands cris qu'on poussât vigoureusement le siège de Ptolémaïs, dont la reddition devait ouvrir la route de la cité sainte ; mais le fier Conrad ne voulait sortir de ses murs , et prêter son secours aux croisés, qu'autant qu'il serait déclaré roi de Jérusalem ; et Philippe- Auguste, fidèle à l'alliance qu'il avait contractée avec lui, mécontent d'ailleur de l'empire que Richard voulait affecter dans le camp, et jaloux peut-être des lauriers qu'il avait ceuillis dans l'île
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de Chypre, demeurait clans l'inaction, ou ne livrait aux infidèles que des combats particuliers, évitant avec soin un assaut général. Richard, trop fidèle, trop loyal pour abandonner son frère d'armes , et en même temps trop impérieux et trop fier pour entrer en accommodement avec son rival , loin de chercher à ramener Philippe- Auguste par des raisons, l'aigrissait par des invectives, et accroissait ainsi de plus en plus la division qui régnait dans le camp : vingt fois les partis contraires furent prêls à en venir aux mains, et vingt fois ils frémirent de lever contre des chrétiens Pépée qu'ils venaient de ceindre pour les défendre. Tandis que le désordre s'introduisait dans les conseils, et que les chefs, L'injure à la bouche , s'accablaient de mutuels outrages, les soldats qui n'étaient venus en Palestine que pour délivrer les saints lieux, et non pour faire un roi de Jérusalem , murmuraient hautement de la dissention intestine qui enchaînait leur courage; et ptus d'une fois on l<s vit s:? réunir pour aller ravager les terres des Musulmans, et porter
le fer et la flamme jusqu'aux tentes de Salaclin.
Mais ces troubles cruels, si funestes aux succès des armes chrétiennes, n'étaient pas le seul chagrin dont Richard eût à souffrir: son premier soin , en arrivant en Palestine , avait été d'envoyer à la reine l'ordre de le venir joindre avec sa sœur : il était bien sûr de la promptitude qu'elle devait mettre à lui obéir, et cependant elle n'arrivait point; chaque jour il allait sur le bord de la mer voir s'il n'apercevrait pas le vaisseau qu'il attendait, et chaque jour il y allait en vain. Lusignan ne le quittait point; Lusignan recevait dans son sein les inquiétudes et les craintes de son ami, et il les partageait d'autant plus vivement, que , depuis la mort de Sibylle , sa passion avait pris de nouvelles forces par les espérances qu'il avait osé concevoir; il venait de recouvrer sa liberté, Mathilde n'avait pas encore perdu la sienne, et déjà il comptait assez sur l'amitié de Richard , pour se flatter d'obtenir son appui auprès de sa sœur : c'était donc «Jette amitié seule qui pouvait lui ren-
dre son royaume et satisfaire" son amour; aussi ne négligeait-il aucun moyen de la rendre plus vive. Richard était sensible au plaisir d'être aimé , et Lusiguan lui munirait un dévouement sans bornes; mais le fier Richard voulait êtreaimé pour lui seul , et Lusignan , en lui découvrant les désirs de son cœur, avait eu l'art de lui persuader que, dans cette alliance, il songeait moi us aux charmes de la soeur qu'à fortifier d'un nœud de plus l'amitié qui l'unissait au frère. Richard , franc , sincère , facile à tromper, parce qu'il était incapable de tromper lui-même, Richard le crut, et sentait sa tendresse s'augmenter de celle que lui témoignait JLusignan , au point de ne pouvoir plus se passer de lui : ils couchaient sous la même tente, ils n'avaient qu'une seule table, c'était ensemble qu'ils allaient eombattre les infidèles , et le butin qu'ils leur enlevaient était toujours fidèlement partagé entre eux. Dans les joutes, ils portaient les mêmes couleurs , sur leur bouclier la même devise, et lorsqu'ils s'étaient exercés dans la journée, soit à maniev
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la lance dans les tournois, ou à tirer l'épse contre les infidèles , ils retournaient le soir d'un commun accord se promener sur le bord de la mer ; là , ils contemplaient l'immensité des flots et de l'horison en soupirant avec amertume, ils baissaient la tête, et accablés de la tristesse de leurs pensées, gardaient souvent un morne silence-, si la tempête faisait bouillonner les ondes , ils croyaient les voir entrouvrir leurs abîmes pour engloutir à jamais ce vaisseau qui portait ce qu'ils avaient de plus cher au monde. Mais si la mer était calme et que le vent fut favorable, alors leurs craintes changeaient de nature sans tien perdre de leur vivacité-, et si ce n'était plus au vaste océan, c'était aux infidèles que le roi redemandait son épouse et sa sœur.
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