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appelle à son aide : tous 1rs croisés sont aussitôt en mouvement; ils s'arment à la hâte ; ils accourent, et au moment où ils se prescrite nt en dehors des retranchcnicns, ils aperçoivent le vénérable archevêque de Tyr , avec ses cheveux blancs couverts de poussière , et son bâton à la main. Lusignan l'a reconnu le premier; il s'élance, il s'écrie : «En croirai-je mes yeux, est-ce vous que je vois , mon père, êtes- vous l'ange de paix destiné à ramener l'union parmi nous?
Il n'avait pas achevé, que déjà Montmorency était aux pieds de Philippe- Auguste : ce digne monarque le relève avec bonté , le presse entre ses bras , et témoigne la joie qu'il éprouve en revoyant près de lui le plus ferme soutien de son trône. Richard , plus ému encore, prend la main de l'archevêque, le regarde fixement sans oser lui faire une question. Guillaume l'entend et lui dit : « Grand prince, ne craignez rien : il n'y a que peu de jours que j'ai quitté volve épouîc et votre sœur, elles sont pleines de vie; je les ai laissées à Damiette, sous la protection du noble
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Malek Adbel. —Y sont-elles traitées en esclaves? mon père , interrompit vivement Richard. Elles ne pourraient , dans le palais même de la Grande-Bretagne , être entourées de plus de respects et d'honneurs- mais, ajouta Guillaume, le détail de leur situation , les motifs qui m'amènent ici , et les explications que j'oserai vous demander, seront le sujet de plus d'une conférence : en ce moment, mon premier soin doit être de vous solliciter en faveur des soldats musulmans qui nous ont escortés. Permettez-leur de se rendre à Ptolémaïs ; c'est une grâce que je leur ai promis d'obtenir de vous, et qui sera la juste récompense de la manière généreuse dont ils nous ont conduits jusqu'ici. » i.a demande de l'archevêque fut accueillieunanimcmcnt : plusieurs soldais chrétiens, la croix rouge sur le dos, le casque en tête et le sabre en main, voulurent même se charger d'accompagner les Sarrazins jusqu'aux portes de Ptolémaïs- et touchés mutuellement de cet échange de service, ils semblaient, pendant ce court voyage, plutôt disposés à
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se soutenir en frères qu'à combattre en ennemis.
Cependant la nouvelle de l'arrivée de Guillaume et de Montmorency a répandu la joie parmi tous les croisés ; il ii'en est aucun pour lequel la vue de l'archevêque ne soit le signal de l'union et de la concorde : on dirait que toutes les haines s'appaisent à son approche, et que la confiance qu'il inspire est si puissante, qu'avant même d'avoir parlé, tous les cceurs sont disposés à le croire. 11 demande au prince de consentir à convoquer un conseil généial pour le lendemain malin ; tous promettent d?
s'y rendre : alors il traverse le camp au milieu des acclamations générales, et va prendre quelque repos sous la tente de Richard , tandis que Montmorency accompagne Philippe-Auguste sous la sienne, et voit tous les Français charmés de son retour , s'empresser à sa suite, et faire retentir les airs du nom glorieux de leur jeune héros.
En attendant le conseil du lendemain, Guillaume ne demeure pas tranquille ; jl s'occupe de préparer les esprits à l'en-
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tendre; il s'informe des causes de la division ; il parle avec force à Richard ; reproche à Lusignan une opiniâtreté qui peut perdre l'empire, et ose remontrer à Philippe-Auguste que ce n'est pas pour faire un roi de Jérusalem , mais pour conquérir la cité sainte qu'il s'est rendu en Orient; il entretient aussi en particulier le duc de Bavière qui commande les Allemands , depuis la mort de l'empereur Frédéric (i). Il se fait iin appui d'Esmengards d'Aps , grand-maître des hospitaliers , et enfin une conversation de peu d'instans ramène entièrement à son opinion les Génois , les Flamands , les templiers et les chevaliers de Saint-Jean. Alors il se l'élire: avant de permettre au sommeil de fermer ses paupières , il va au pied des autels remercier Dieu des espérances qu'il ose concevoir , et lui demander
(l) Frédéric Barberousse , qui mourut auprès de Larenda , pour s'être baigné tout en sueur dans le fleuve Cydnus: Frédéric de Souabe , son fils , prit après lui le commandement de l'armée , niais ne lui survécut pas long-temps.
les paroles sages et éloquentes qui puisent toucher le cœur des rois , et opérer e lendemain l'œuvre difficile et im- )ortante de la réconciliation des chre-
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