‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 20 sur 98 · XXXVIII · texte numérisé non relu

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peimlre dans Claire d'y4^be, dans Hlalvina , dans Amélie Man^field , dans ISlcvthllde, il n'est j3cut-êlre pas sans intérêt de faire quelques rapprocl.cmens entre ces quatre ouvrages, et surtout entre les liéroïnes quelle a mises en scène. Ce que l'on remarque d'abord, c'est qu'elles ont t< utes à peu près le même caractère : on 1» ur trouve un air de famille, et néanmoins certains traiis bien prononcés donnent à chacune d'elles une physionomie tout à fait différente. Douées d'une sensibilité profonde et vraie, elles cèdent un peu facilement, peut-être, à l'impression que produit sur elles la première vue de l'homme dont elles doivent être éprises. Leur imagination est subitement frappée; l'amour est toujours spontané ; il n'est besoin ni de soins, ni de séductions : un coup-d'œil, un instant sufljsent pour les enflammer; et l'auteur n'a plus qu'à décrire les progrès et les développemens d'une passion combattue par le devoir, ou traversée par divers incidens. Toutes ces héroïnes ont une giâce et une amabilité parfaites; ce n'est point précisément par le portrait qu'en Hiit l'auteur qu'elles plaisent, c'est par leur ensemble, par leur façon d'êtie; elles ont un charme, un je

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ne sais quoi qu'on ne saurait définir, et qui les rend on ne peut plus séduisantes. Tout entières à la passion qui les entraine, madame Cottin les met sans pitié dans des situations où leur vertu a de fort grands risques à courir. Loin d'éviter le détail de ces scènes brûlantes, et par conséquent délicates à traiter , elle se comptait à prolonger les situations, à exposer les héroïnes à toute l'impétuosité d'un amant, à toute l'ardeur de ses désirs , à montrer la résistance pénible d'une femme, qui, consumée d'amour, sur le point de se traliir elle-même, est réduite à implorer la pitié de l'homme qu'elle rend le témoin et le maître de sa faiblesse; elle aime enfin à montrer la pudeur souffrante et en danger (i).

Lorsqu'on voit ces tableaux de l'amour en délire, où l'exhaltation des sens vient se Joindre à celle des scntimens , on se demande comment ils auraient pu être tracés par une femme dont le cœur n'au-

(i) Ces observations pleines de tact et de 6ncsse appartiennent a M. A. P. , qui les a développées dans une notice fort inlerressante sur la vie de madam** Cottin , placée en trte d'une autre édition des œuvres de celte fcniiDc célijbrc.

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