‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 35 sur 98 · LXXII · texte numérisé non relu

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admirateul's la peine de les écrirej pour celles-là, l'exécution n'est rien, rinventioa même est peu de chose , elles se contentent d'indiquer le sujet. Un épisode de l'histoire de leur vie , voilà le fond du roman , et cela leur suflit. Dans ces sortes d'ouvrages, il ne doit point y avoir de héros, ou s'il y en a un, il faut nécessairement qu'il soit impitoyablement sacrifié au caractère noble et généreux de l'héroïne. Il sera un traître , un monstre^ un perfide, dont la brutale indifférence et le j'roid égoïsme aura conduit au tombeau l'amante la plus passionnée , celle qui l'aima avec tant d'abandon, tant de désintéressement, et surtout tant de... constance.

Il ne faut pas confondre Madame de Cottin avec ces l'emmes, qui semblent n'avoir agité leur vie d aventiu'cs rxtraordinaires que pour avoir le plaisir d'en faire ensuite la confidence au public.

Cache ta vie , fut le précepte qu'elle suivit constamment. Appelée par ses talens à jouer un rôle brillant sur la scène du monde, elle craignit de s'y montrer, et tandis qu'enivrées de l'encen-î. ini})ostcnr (^u'nne fausse admiration leur présentait, h genoux, d'autr^i femmes i-e laissait ni

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emporter dans le tourbillon des illusions ; elle écrivait sous la dictée de son cœur ces charmantes compositions, dans lesquelles les efforts du bel esprit ne sont pour rien: nourrie de la lecture de Fénélon^ dont elle a plus d'une fois reproduit dans ses ouvrages les formes de style , personne n'écrit avec plus de charme que Madame Oottin ; la langue du cœur n'a, sous sa plume ^ rien d'affecté, rien que de naturel: une légère teinte de mélancolie, nuancée avec beaucoup d^art, colore toutes les pensées , tous les sentimens de l'auteur. Son pinceau, ordinairement fia et délicat^ devient chaud et vigoureux quand le sujet le commande. Qui mieux qu'elle a su peindre l'amour aux prises avec le devoir ? quel lecteur n'a pas donné des pleurs à la malheureuse Claire d' Aïbe , succombant, après un long combat, dans cette lutte inégale,^ qui de nous ne lui a pas remis sa faute, avant même qu'elle l'ait commise? Elle n'est pas encore coupable, que déjà elle est pardonnée. liC lecteur a suivi , avec un plaisir mêlé de peine , la passion qui doit la consumer: arrivé au dénoûment de l'ouvrai^^e , il craint d'en lire le récit; et quoique préparé depuis long-tcms au triomplie de la

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