‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 36 sur 98 · LXXIV · texte numérisé non relu

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nature, ses yeux se remplissent tout àcoup (le larmes..... Ce n'est qu'au travers d'un nuage de pleurs qu'il voit cette in téressante victime succomber au remords d'avoir cessé de mériter sa propre estime. Elisabetli venant à pied , à travers les frimats, des extrémités de la Sibérie, à Moscou, demander à l'Empereur la grâce de son père innocent, nous inspire un autre genre d'intérêt. C'est la piété filiale aux prises avec les rigueurs d'une température inflexible , inexorable. Ce n'est qu'eu frémissant que nous voyons s'avancer, des extrémités du pôle, au travers des glaces entassées, au milieu des convulsions de ia nature, cette jeune fille, soutenue seulement, au milieu de tant d'obstacles conspires contre elle , par l'espoir d'enlever so)i vieux père à ia terre diî l'exil. Ilien ne l'arrête, ui les lleuves débordés, ni répouvantable fracas des glaçons, qui, poussés par la temjjète les urs contre les autres , se brisent en se heui tant, et couvrent de leurs vastes débns les flots courroucés-, ni le froid linceul de neige dont elle marche enveloppée, ni les feux de la tempête qui se croisent sur sa •tête, ni les profonds ravins creusés sou.^ les pas, ui les bêtes féroces qui, par de

( Lxxr y longs rugissemens , semblent réponcîr© aux cris de la tempête; ni la froide obscurité qni la couvre de son manteau pesant . ni* la mort enfin, qui semble seule Tirante au milieu de ce deuil universel de la nature.

C'est dans cet ouvrage surtout, que la pinceau de Madame Cottin est ferme et vigoureux ; les touches sont hardies et pleines d'effet-, elle peint à grands traits ce spectacle imposant. Les richesses de la poésie sont habilement transportées dans sa prose -, de grandes images sont grandement exprimées; une teinte triste et religieuse jette sur ce vaste tableau un jour sombre et terrible ; le lecteur est transporté aux lieux que peint l'auteur; il les parcourt avec l'intéressante Elisabeth ; avec elle il entend rugir, sous ua ciel de glace , les douleurs de la nature en travail ; partout éclate autour de lui la conspiration des élémens conjurés; la terre n'a pour tout vêtement qu'un vaste manteau de glace, le ciel ne se montre plus à elle qu^à la lueur des éclairs; l'Océan captif sous une voûte de glace, s'épuise en vains rugissemens pour rompre le frein qui le tient enchaîné. Elisabeth l'entend gronder sous ses pas, tandis que la foudre

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