LETTRE XIX
CLAIRE A ELISE
Je n'ai point sorti encore de mon appartement ; l'idée de voir Frédéric aae fait frémir. J ai dit que j étais malade , je le suis en effet , ma main tremble eu t'écrivant , et je ne puis calmer l'a ^ifxJti on de mes esprits. Qu'estce donc que ce terrible sentiment d'a-
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mour , si sa vue, si la pifié qu'il inspire , jettent dans 1 état uii je suis? Ah! coiiiljirn je héiiis le ciel de m'avoir garantie de son pouvoir ! Va, mon amie , c'est bien à pre'sent que je suis sûre d être toujours indiftérente ; je l'éîais moins quand je crovais que Irsf passions pouvaient être une source de l'élicilé; mais à présent que j'ai vu avec quelle violence elles entraînent à la tolie et au crime , j'en ai un effroi qui te répond de moi pour la vie.
Elise, ô mon Elise ! c'est lui , je l'ai vu, il vient d'entrouvrir la porte , il à jeté un hiilet et s'est retiré avec précipitation; son regard suppliant me disait : lisez. Mais , le dois-je ? je n'ose ramasser ce papier.... Cependant si on venait, qn'on le vît.... Je l'ai lu. Ali! mon amie, voilà 1(S premières larmes que j'aie versées depuis Lier, j'en ai inondé ce billet , je vais tacher de le transcrire.
FRÉDÉRIC A CLAIRE
« Pourquoi vous cacher ? pourquoi
CLAIRE D ALEE. Ç.^
« fuir le jour ? c'est à moi d'en avoir « horreur : vous ! vous êtes aujsi pure V que lui. «
Adieu Elise , j'entends mon mari, je vais DiVntourer de mes entants ; je ne sais si je répondrai , je ne sais ce que je re'pondrai. Non, il vaut mieux se taire. Adieu.
BILLET
FRÉDÉ-RIC A CLAIRE.
Vous m'évitez, je -le vois; vous êtes malade, j'en suis cause; je dissimule avec un père que j'aime, j'otYense dans mon cœur le bienfaiteur qui m accal)le de ses hontes: Claire, le ciel ne m'a pa"s donné assez de courage pour de pareils maux.
BILLET