XXVI
tlire ce qu'il sait, que pour apprenclre ce qu'il ne sait pas. il .s'iifïligc quelquefois sans sujet, se «îonsolr^. toujours sans raison, et Vit tranquille au milieu de la société . à l'abri de toutes les inquiétudes de l'esprit. Ses amis ont cependaut nu peu de peine à s'accoutumer à lui ; la p\ofoude ignorance a son mérite , mais elle pèse à la longue. Il est vrai qu'elle eiït souvent été exposée à rencontrer l'homme de lettres qui , possédant à l\md la supi^'Hcie de toutes les sciences, décide toutes les questions en diciatcur, évite la raison par tous les sentiers du bel esprit , et la remplace , sans la laire oublier , par tout l'éclat de l'express'on. Il n'est sans caiactère que parce qu'il est sans fortune. Ennemi rié de toutes les giandeurs humaines, il tonne puhlijquement contre \:s ministres et les gens en place, ne pardonne qu'à l'autorité généreuse , et punit la tvrannie en se rangeant de son parti. Jl méprise toutes les vertus , mais il ennoblit tons les vices. Jl trouve l'amitié plate , la probité inutile , b courage dangereux , la franchise déplacée; mais la calomnie n'est que de Timaginanation , la fausseté que de la fniesse^ la lâcheté que de U prudence, et lescro-