‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1042 sur 1284 · XCIX1.F · texte numérisé non relu

XCIX1.F

Nous ne savons, déesse , comment faire Dans ce chagrin qu'on voit vous accabler.

Notre respect veut se taire,

Notre zèle veut parler.

VÉMJS.

Parlez ; mais si vos soins aspirent à me plaire. Laissez tous vos conseils pour une autre saison , Et ne parlez de ma colère Que pour dire que j'ai raison.

C'était là, c'était là la plus sensible offense Que ma divinité put jamais recevoir :

Mais j'en aurai la vengeance.

Si les dieux ont du pouvoir.

PHAÈNE.

Vous avez plus que nous de clarté , de sagesse, Pourjuger ce qui peut être digue de vous : Mais , pour moi , j'aurais cru qvi'ime grande déesse Devrait moins se mettre en courroux.

TÉ.NLS.

Et c'est là la raison de ce courroux extrême. Plus mon rang a d'éclat , plus l'alTronl est sanglant; Et si je n'étais pas dans ce degré suprême, Le dépit de mou coeur serait moins v iolent. Aloi , la fdle du dieu qui lance le tonnerre ;

Mère du dieu (pii fait aimer; I\Ioi , les plus doux souhaits du ciel et de la terre , Et qui ne suis venue au jour que pour cliarmer;

Moi qui , par tout ce qui respire , .Ki vu de tant de vœux encenser mes autels. Et qui de la beauté , i>ar des droits immortels. Ai tenu de tout temps le souverain empire; Moi , dont les yeux ont mis deux grandes déliés Au point de me céder le prix de la plus belle , Je me vois ma victoire et mes droits disputés

Par une cliélive mortelle!

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