II, SCÈNE L
Quoi ! fout-il que pour moi vous renonciez , seigneur ,
A cette royale constance Dont vous avez fait voir, dans les coups du malheur,
Une fameuse expérience !
LE ROI
La constance est facile en mille occasions.
Toutes les révolutions Oîi nous peut exposer la fortune inhumaine, La perte des grandeurs , les persécutions , Le poison de l'envie et les traits de la haine ,
IN'ont rien que ne puissent, sans peine ,
Braver les résolutions D'une âme où la raison est un peu souveraine.
Mais ce qui porte des rigueurs
A faire succomber les cœurs
Sous le poids des douleurs anières ,
Ce sont, ce sont les rudes traits
De ces fatalités sévères
Qui nous enlèvent pour jamais
Les personnes qui nous sont chères.
La raison , contre de tels coups ,
N'offre point d'armes secourables ;
Et voilà , des dieux en courroux.
Les foudres les plus redoutables
Qui se puissent lancer sur nous.
PSYCHÉ
Seigneur, une douceur ici vous est offerte : Votre hymen a reçu plus d'un présent des dieux;
Et , par une faveur ouverte.
Ils ne vous ôtent rien , en m'ùtant à vos yeux , Dont ils n'aient pris le soin de réparer la perte. Il vous reste de quoi consoler vos douleurs ; Et cette loi du ciel, que vous nommez cruelle,
Dans les deux princesses mes sœurs
Laisse à l'amitié paternelle
Veut détruire tant de beauté?
Inipitoyable ciel , par cette barbarie Voule7.\ous surmonter l'enfer en cruauté?
UN HOMME AFFLIGÉ
Dieu plein de haine !
AUTRE HOMME AFFLIGÉ
Divinité trop inhumaine !