‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1060 sur 1284 · GE.NOR · texte numérisé non relu

GE.NOR

lîien ne s'offre à nos yeux encor qui les étonne ; Va quand vous vous peignez un si proche trépas,

.Si la force vous abandonne ,

Nous avons des cœurs et des bras

Que l'espoir n'abandonne pas.

Peut-être qu'un rival a dicté cet oracle, Que l'or a fait parler celui qui l'a rendu.

Ce ne serait pas un miracle Que, pour un dieu muet, un homme eût répondu; Et dans tous les climats on n'a que trop d'exemples Qu'il est, ainsi qu'ailleurs, des méchants dans les CLÉOMENE. [teniples.

Laissez-nous opposer au lâche ravisseur A qui le sacrilège indignement vous livre, l'n amour qu'a le ciel choisi pour défenseur De la seule beauté pour qui nous voulons vivre. Si nous n'osons prétendre à sa possession , Du moins, en son péril , permettez-nous de suivre L'ardeur et les devoirs de notre passion.

PSYCHÉ

Portez-les à d'autres moi-mcmes.

Princes, portez-les à mes sœurs.

Ces devoirs , ces ardeurs extrêmes

Dont pour moi sont remplis vos cœurs ;

Vivez pour elles, quand je meurs; Plaignez de mon destin les funestes rigueurs , Sans leur donner en vous de nouvelles matières.

Ce sont mes volontés dernières;

Et l'on a reçu , de tout temps , Pour souveraine loi , les ordres des mourants.

CLÉOMKNE.

Princesse...

PSYCHÉ

Encore un coup , princes , vivez pour elles. Tant que vous m'aimerez, vous devez m'obéir : Ne me réduisez pas à vouloir vous haïr,

Et vous regarder en rebelles ,

A force de m'étre fidèles.

Allez , laissez-moi seule expirer en ce lieu , Où je n'ai plus de voix que pour vous dire adieu. i\lais je sens qu'on m'enlève, et l'air m'ouvre une roule D'où vous n'entendrez plus cette mourante voix. Adieu , princes; adieu pour la dernière fois : Voyez si de mon sort vous pouvez être en doute. ( Psyché est enlevée en l'air par deux Zéphyrs. )

AGÉ?iOR.

Nous la perdons de vue. Allons tous deux chercher Sur le faite de ce rocher, Prince, les moyens de la suivre.

CLÉOMÈ.NE.

Allons-y chercher ceux de ne lui point survivre.

SCÈNK V.

L'AMOUR, en loir.

Allez mourir, rivaux d'un dieu jaloux , Dont vous méritez le courroux Pour avoir eu le cicur sensible aux mêmes charmes.

PSYCHÉ, ACTE

Rt toi , forge , Vulcaiii , mille brillants attraits

Pour orner un palais Où l'Amour de Psyché veut essuyer les larmes ,

Et lui rendre les armes.

SECOND INTERMÈDE

Ui scène se change en une cour magnifique, ornée de colonnes de lapis enrichies de figures d'or, qui forment un palais pompeux et brillant que l'Amour destine pour Psyché. Six Cyclopes, avec quatre Fées, y font une entrée de ballet, où ils achèvent en cadence quatre gros vases d'argent que les Fées leur ont apportés. Cette entrée est entrecoupée par ce récit de Vulcain, qu'il fait à deux reprises :

Dépêchez, préparez ces lieux Pour le plus aimable des dieux ; Que chacun pour lui s'intéresse; N'oubliez rien des soins qu'il faut.

Quand l'Amour presse, On n'a jamais fait assez tôt.

L'Amour ne veut point qu'on didcrc;

Travaillez, hâtez- vous; Frappez , redoublez vos coups :

Que l'ardeur de lui plaire Fasse vos soins les plus doux.

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