‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1059 sur 1284 · CLÉOMÈNE, AGÉNOR, PSYCHÉ · texte numérisé non relu

CLÉOMÈNE, AGÉNOR, PSYCHÉ

CLÉOMÈNE

Deux amis , deux rivaux , dont l'unique souci

Est d'exposer leurs jours pour conserver les vôtres.

PSYCHÉ

Puis-je vous écouter, quand j'ai chassé deux sœurs.'

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PSVCIIK, ACTK II, SCENE V.

Princes, coirtre le ciel pcnscz-vous nie dcfcndre?

Vous livrer au serpent qu'ici je dois attendre ,

Ce n'est qu'un désespoir qui sied mal aux prands

Kt mourir alors que je meurs, [eecurs;

C'est accabler imo Ame tendre

Qui n'a que trop de ses douleurs.

AGÉNOn.

Un serpent n'est pas invincible; Cadmus , qui n'aimait rien , défit celui de >Jars ; Nous aimons , et l'Amour sait rendre tout possible

Au cœur qui suit ses étendards , A la main dont lui-même il conduit tous les dards.

PSYCHÉ

Voulez-vous qu'il vous serve en faveur d'une ingrate

Que tous ses traits n'ont pu toucher; Qu'il dompte sa vengeance au moment qu'elle éclate,

Et vous aide à m'en arracher.'

Quand même vous m'auriez servie.

Quand vous m'auriez rendu la vie, Quel fruit espérez-vous de qui ne peut aimer?

cléomh;ne.

Ce n'est point par l'espoir d'un si charmant salaire

Que nous nous sentons animer.

Nous ne cherchons qu'à satisfaire Aux devoirs d'un amour qui n'ose présumer

Que jamais , quoi qu'il puisse faire ,

Il soit capable de vous plaire.

Et digne de vous enflammer.

Vivez, belle princesse, et vivez poin- un autre :

Nous le verrons d'un œil jaloux , Nous en mourrons, mais d'un trépas plus doux

Que s'il nous fallait voir le vôtre ; Et , si nous ne mourons en vous sauvant le jour, Quelque amour qu'à nos yeux vous préfériez au nôtre. Nous voulons bien mourir de douleur et d'amour.

PSYCHÉ

Vivez, princes, vivez, et de ma destinée Ne songez plus à rompre ou partager la loi : Je crois vous l'avoir dit , le ciel ne veut que moi ;

Le ciel m'a seule condamnée.

Je pense ouïr déjà les mortels sifflements

De son ministre qui s'approche :

Ma frayeur me le peint , me l'offre à tous moments ; Et , maîtresse qu'elle est de tous mes sentiments , Elle me le ligure au haut de cette roche. J'en tombe de faiblesse, et mon cœur abattu Ne soutient plus qu'à peine un reste de vertu. Adieu , princes ; fuyez , qu'il ne vous empoisonne.

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