PSYCHÉ, LE DIEU DU FLEUVE
Cruel destin , funeste inquiétude!
Fatale curiosité!
Qu'avez-vous fait , affreuse solitude ,
De toute ma félicité.' J'aimais un dieu , j'en étais adorée :
Mon bonheur redoublait de moment en moment ;
Et je me vois seule, éplorée, Au milieu d'un désert , où , pour accablement ,
Et confuse et désespérée , Je sens croître l'amour quand j'ai perdu l'amant. Le souvenir m'en charme et m'empoisonne : Sa douceur tyrannise un cœur infortuné Qu'aux plus cuisants chagrins ma flamme a condamné.
O ciel ! quand l'.Amour m'abandonne , Pourquoi me laisse-t-il l'amour qu'il m'a donné.' Source de tous les biens inépuisable et pure. Maître des hommes et des dieux , Cher auteur des maux que j'endure, Étes-vous pour jamais disparu de mes yetix?
Je vous en ai banni moi-même :
Dans un excès d'amour, dans un bonheur extrême. D'un indigne soupçon mon cœur s'est alarmé : Cœur ingrat ! tu n'avais qu'un feu mal allumé; Et l'on ne peut vouloir, du moment que l'on aime.
Que ce que veut l'objet aimé.
IMourons , c'est le parti qui seul me reste à suivre, Après la perte que je fais.
Pour qui , grands dieux ! voudrais-je vivre ? Et pour qui former des souhaits.' Fleuve, de qui les eaux baignent ces tristes sables, Ensevelis mon crime dans tes flots.
Et pour finir des maux si déplorables.
Laisse-moi dans ton lit assurer mon repos.
LE DIEU DU fleuve.
Ton trépas souillerait mes ondes, Psvehé , le ciel te le défend ;