‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1072 sur 1284 · PSYCHE, ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

PSYCHE, ACTE IV, SCENE IV

PSYCHE

Que c'est le bonlicur où j'aspire : Kt si vous ne nie l'accordez...

l'amouh.

Je l'ai juré , je n'en suis plus le maître : Mais vous ne savez pas ce que vous demandez, l.aissez-nioi mon secret. Si J3 me fais connaître, .le vous perds, et vous me perdez.

Le seul remède est de vous en dédire.

PSYCHÉ

C'est là sur vous mon souverain empire.'

l'amour.

Aous pouvez tout, et je suis tout à vous. Mais si nos feux vous semblent doux , Ne mettez point d'obstacle à leur charmante suite ;

Ke me forcez point à la fuite :

C'est le moindre malheur qui nous puisse arriver D'un souhait qui vous a séduite.

PSYCHÉ

Seigneur, vous voulez m'éprouver; Mais je sais ce que j'en dois croire.

Pe grâce! apprenez-moi tout l'excès de ma gloire, Et ne me cachez plus pour quel illustre choix J'ai rejeté les vœux de tant de rois.

l'amoue.

Le voulez-vous ?

PSYCHÉ

Souffrez que je vous en conjure.

l'amouh.

Si vous saviez, Psyché, la cruelle aventure Que par là vous vous attirez...

PSYCHÉ

Seigneur, vous me désespérez.

l'amour.

Pensez-y bien; je puis encor me taire.

Faites-vous des serments pour n'y point satisfaire?

l'amour.

Eh bien ! je suis le dieu le plus puissant des dieux , Absolu sur la terre , absolu dans les cieux ; Dans les eaux, dans les airs, mon pouvoir est suprême :

En un mot, je suis l'Amour même.

Qui de mes propres traits m'étais blessé pour vous ; Kt sans la violence , hélas ! que vous me faites , Kt qui vient de changer mon amour en courroux , Vous m'alliez avoir pour époux.

Vos volontés sont satisfaites.

Vous avez su qui vous aimiez ; Vous connaissez l'amant que vous charmiez ,

Psyché , voyez où vous en êtes :

Vous me forcez vous-même à vous quitter; Vous me forcez \ ous-même à vous ôter Tout l'effet de votre victoire.

Peut-être vos beaux yeux ne me reverront plus.

Ce palais, ces jardins, avec moi disparus, Vont faire évanouir votre naissante gloire. Vous n'avez pas voulu m'en croire; Kt pour tout fruit de ce doute éclairci , Le Destin , sous qui le ciel tremble , Plus fort que mon amoui , que tous les dieux ensemble, Vous va montrer sa haine , et me chasse d'ici. ( L'Amour dispannt; et dans l'instant qu'il s'envole, Icsupci-bejardin s'évanouit. Psijclié demeure seule au milieud'unc vaste campagne, et sur le bord sauvage d'un (jrand fleuve où elle veut se précipiter, te dieu du fleuve parait assis sur un amas de joncs et de roseaux, et appuyé sur une grande urne , d'où sort une grosse source d'eau. )

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