SCÈNE xvn
LE VICOMTE
.le suis perdu après cela.
LA COMTESSE
I,e premier vers est beau. Une personne de (jualilé!
JULIE
.Té crois i}u'il est un peu trop long; mais on peut prendre une licence pour dire une belle pensée. LA COMTESSE , à monsieur Tibaudier.
Voyons l'autre strophe.
MONSIEUH TIBAUDIER.
Je ne .sais pas si vous doiilez de mon parfait amour; Mais je sais l)ien que mon cœur, à toute heure, Veut quitter sa chagrine demeure.
Pour aller, par respect , faire au votre sa cour. Après cela pourtant, sure de ma tendresse, Kl (le ma foi , dont unique est l'espèce, Vnus devriez ii votre tour.
Vous contentant d'iHre comtesse, Vous dépouilhM- en ma faveur d'une peau de ligresse Qui couvre vos appas la nuit comme le jour.
LE VICOMTE
Me voilà supplanté, moi, par monsieur Tibaudier.
LA COMTESSE
Ne pensez pas vous moquer ; pour des vers faits dans la province, ces vers-là sont fort beaux.
LE VICOMTE
Comment, madame, me moquer? Quoique son rival , je trouve ces vers admirables, et ne les appelle pas seulement deux strophes, comme vous, mais deux épigrammes , aussi bonnes que toutes celles de Martial.
LA COMTESSE
Quoi! Martial fait-il des vers? Je pensais qu'il ne fît que des gants'.
MONSIEUR TIBAUDIER.
Ce n'est pas ce !\Iartial-là, madame; c'est un auteur qui vivait il y a trente ou quarante ans.
LE VICOMTE
Monsieur Tibaudier a lu les auteurs, comme vous le voyez. IMais allons voir, madame, si ma musique et ma come^die, avec mes entrées de ballet, pourront combattre dans votre esprit les progrès des deux strophes et du billet que nous venons de voir.
Il taut que mon lils le comte soit de la partie; car il est arrivé ce matin de mon château, avec son prérej)teur que je vois là dedans.
' Ce ^Ittrthilf qui )ir faisait point àe î'er5, était un marclianil parfumeur, et joij^nîl à cette qualité celle de valet de chatnlirede Monsieur.
LA COMTESSE, JULIE, LE VICOMTE, MON- SIEUR TIHAUDIER, MONSIEUR ROBINET, CRIQUET.
LA COMtESSE.
Holà! monsieur Robinet. Monsieur Robinet, ap prochez-vous du monde.
MONSIEUR BOBINET.
Je donne le bon vépre ' à toute l'honorable compagnie. Que d(''sire madame la comtesse d'Escarbagnas de son très-humble serviteur Robinet?
LA COMTESSE
A quelle heure, monsieur Robinet ,5tes-vous parti d'Escarbagnas avec mon fils le comte?