PHILAMINTE, ABMANDE ET BÉLISE
Âbl
TBISSOTIN.
Et nuit et Jour vous fait outrage !
Si vous la conduisez aux bains , Sans la marcbander davantage , Moyez-la de vos propres mains.
PHILAMINTE
Od n'en peut plus.
BELISE.
On pâme.
ABMANDE.
On se meurt de plaisir.
PHILAMINTE
I >e raille doux frissons tous vous sentez saisir.
ABMANDE.
Si vous la conduisez aux bains ,
BÉLISE
Sans la marchander davantage, PHILAMINTE.
■*■ Noyez-la de vos propres mains.
De vos propres mains, là, noyez-la dans les bains.
ABMANDE.
Chaque pas dans vos vers rencontre un trait charmant.
BÉLISE
Partout on s'y promène avec ravissement.
PHILAMINTE
On n'y saurait marcher que sur de belles choses.
ABMANDE.
Ce sont petits chemins tout parsemés de roses.
TBISSOTIN.
Le sonnet donc vous semble...
PHILAMINTE
Admirable, nouveau; Et personne jamais n'a rien fait de si beau.
BÉUSE , à Henriette.
Quoi ! sans émotion pendant cette lecture ! Vous faites là , ma nièce , une étrange figure !
HENRIETTE
Chacun fait ici-bas la figure qu'il peut ,
Ma tante; et bel esprit, il ne l'est pas qui veut.
Peut-être que mes vers importunent madame.
HENBIETTE.
Point. .Te n'écoute pas.
PHILAMINTE
Ah ! voyons répigraninie.
TBISSOTIN.
Sur un carrosse de couleur amarante donné à une dame de ses amies.
PHILAMINTE
Ses titres ont toujours quelque chose de rare.
ABMANDE.
A cent beaux traits d'esprit leur nouveauté prépare.
TBISSOTIN.
L'amour si chèrement m'a vendu sou lieu... PHILAMINTE. ABMANDE ET BÉLISE.
Ah!
TBISSOTIN.
Qu'il m'en coûte déjà la moitié de mon bien ;
Et quand tu vois ce beau carrosse
Où tant d'or se relève en bosse ,
Qu'il étonne tout le pays , Et fait pompeusement triompher ma Lais...
Ah! ma Laïs! voilà de l'érudition.
BÉLISE
L'enveloppe est jolie, et vaut un million.
TBISSOTIN.
Et quand tu vois ce beau carrosse , Où tant d'or se relève en bosse Qu'il étonne tout le pays , Et fait pompeusement triompher ma Laïs , Ne dis plus qu'il est amarante.
Dis plutôt qu'il est de ma rente
ABMANDE.
Oh I oh ! oh ! celui-là ne s'attend point du tout.
PHILAMINTE
On n'a que lui qui puisse écrire de ce goût.
BÉLISE
Ne dis plus qu'il est amarante , Dis plutôt qu'il est de ma rente.
Voilà qui se décline, ma rente, de ma rente, a ma PHILAMINTE. [rente.
Je ne sais , du moment que je vous ai connu, Si , sur votre sujet , j'eus l'esprit prévenu ; Mais j'admire partout vos vers et votre prose.
TBISSOTIN, àPhilaminte.
Si vous vouliez de vous nous montrer quelque cliosc , A notre tour aussi nous pourrions admirer.
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