‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1182 sur 1284 · LES FEMMES SAVA>.TES · texte numérisé non relu

LES FEMMES SAVA>.TES

TEISSOTIN.

Vous donnez sottement vos qualités aux autres.

( ils se lèvent tous. )

VADIOS

Fort iiiipertineminent vous me jetez les vôtres.

TKISSOTIN.

Allez , petit grimaud , barbouilleur de papier.

VADIUS

Allez, riraeur de balle, opprobre du métier.

THISSOTIN.

Allez, fripier d'écrits , impudent plagiaire.

VADIUS

Allez, cuistre...

PHILAMINTE

Hé ! messieurs , que prétendez-vous faire .' TEISSOTIN, à radius.

Va , va restituer tous les honteux larcins Que réclament sur toi les Grecs et les Latins.

VADIUS

\a, va-t'en faire amende honorable au Parnasse D'avoir fait à tes vers estropier Horace '.

TEISSOTIN.

Souviens-toi de ton livre , et de son peu de bruit.

VADIUS

Et toi , de ton libraire à l'hôpital réduit.

TEISSOTIN.

Ma gloire est établie ; en vain tu la déchires.

VADIUS

Oui , oui , je te renvoie à l'auteur des Satires.

TEISSOTIN.

Je t'y renvoie aussi.

VADIUS

J'ai le contentement Qu'on voit qu'il m'a traité plus honorablement. Il me donne en passant une atteinte légère Parmi plusieurs auteurs qu'au Palais on révère; Mais jamais dans ses vers il ne te laisse eu paix, Et l'on t'y voit partout être en butte à ses traits.

TEISSOTtX.

C'est par là que j'y tiens un rang plus honorable. 11 te met dans la foule ainsi qu'un misérable ; Il croit que c'est assez d'un coup pour t'accahler. Et ne t'a jamais fait l'honneur de redoubler. Mais il m'attaque à part comme un noble adversaire Sur qui tout son effort lui semble nécessaire ;

■ Il faut avoir lu les ouvragée de CotiQ et ceux de Ménage pour sentir combien cette scène doit perdre aujourd'hui du piquaut de l'à-propos, l'un des premiers mérites de la satire. Cependant, nous ne craignons pas de l'avouer, ces personnalités étaient peu dignes de Molière : qu'il réponde aux attaques de Cotin , rien de mieux ; mais ici, pour a ffaiblir ses torts, on est réduit à cliercher les causes de son agression dans le caractère aigre et pédantesque de Ménage , et peut-être dans les prétentions de ce savant à juger en dernier ressort de toutes les œuvres de l'esprit.

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