‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1206 sur 1284 · CI.ITANUUE · texte numérisé non relu

CI.ITANUUE

Quoi ! vous vous opposez à ma félicité !

Et, lorsqu'à mon amour je vois chacun se rendre...

HENniETTE.

Je sais le peu de bien que vous avez , Clitandre; Et je vous ai toujours souhaite pour époux , Lorsqu'en satisfaisant à mes vœux les plus doux J'ai vu que mon hymen ajustait vos affaires. Mais lorsque nous avons les destins si contraires , Je vous chéris assez, dans cette extrémité. Pour ne vous charger point de notre adversité.

CLITANDBE.

Tout destin avec vous me peut être agréable ; Tout destin me serait sans vous insupportable.

HENniETTE.

L'amour, dans son transport , parle toujours ainsi. Des retours importuns évitons le souci.

Uien n'use tant l'ardeur de ce nœud qui nous lie. Que les fâcheux besoins des choses de la vie; Et l'on en vient souvent à s'accuser tous deux De tous les noirs chagrins qui suivent de tels feux.

ABiSTE, à Henriette.

N'est-ce que le motif que nous venons d'entendre Qui vous fait résister à l'hymen de Clitandre?

HENBIETTE.

Sans cela , vous verriez tout mon cœur y courir ; Et je ne fuis sa main que pour le trop chérir.

ARISTE

Laissez-vous donc lier par des chaînes si belles. Je ne vous ai porté que de fausses nouvelles ; Et c'est un stratagème, un surprenant secours, Que j'ai voulu tenter pour servir vos amours, Pour détromper ma sœur, et lui faire connaître Ce que son philosophe à l'essai pouvait être.

CllRYSALE.

Le ciel en soit loué !

PIIILA.MIKTE.

J'en ai la joie au cœur.

Par le chagrin qu'aura ce hlclie déserteur. Voilà le châtiment de sa basse avarice, De voir qu'avec éclat cet hymen s'accomplisse.

CHHYSALE, à Clitandre.

Je le savais bien , moi , que vous l'épouseriez.

AKMANDE, à Phi/amiiile.

Ainsi donc à leurs vœux vous me sacrifiez.'

PHILAMINTE

Ce ne sera point vous que je leur sacriCe;

Et vous avez l'appui de la philosophie.

Pour voir d'un œil content couronner leur ardeur.

EÉLISE.

Qu'il prennegardeaumoinsque je suis dans son cœur: Par un prompt désespoir souvent on se marie , Qu'on s'en repent après tout le temps de la vie.

CUEYSALE , au notaire.

Allons , monsieur, suivez l'ordre que j'ai prescrit, Et faites le contrat ainsi que je l'ai dit.

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