LE DÉPIT AMOUREUX, ACTE IV, SCÈNE II
Car je suis maintenant vous, et vous êtes moi : Conseillez-moi , Frosine ; au point où je me voi , Quel remède trouver? Dites, je vous en prie.
ASCAGNE
Hélas! ne traitez point ceci de raillerie;
C'est prendre peu de part à mes cuisants ennuis
Que de rire , et de voir les termes où j'en suis.
FROSINE
Non, ^Taiment, tout de bon, votre ennui m'est sensi- Et pour vous en tirer je ferais mon possible. [ ble , Slais que puis-je après tout? Je vois fort peu de jour A tourner cette affaire au gré de votre amour.
ASCAGNE
Si rien ne peut m'aider , il faut donc que je meure.
FBOSINE.
Ah ! pour cela toujours il est assez bonne heure : La mort est un remède à trouver quand on veut ; Et l'on s'en doit servir le plus tard que l'on peut.
Non, non, Frosine, non; si vos conseils propices Ne conduisent mon sort parmi ces précipices. Je m'abandonne toute aux traits du désespoir.
FEOSINE.
Savez-vous ma pensée? Il faut que j'aille voir La... Mais Éraste vient, qui pourrait nous distraire. Nous pourrons, en marchant, parler de cette affaire. Allons, retirons-nous.