SCÈNE PREMIÈRE
ASCAGKE, FROSINE.
L'aventure est fâcheuse.
ASCAGNE
Ah ! ma chère Frosine, Le sort absolument a conclu ma ruine.
Cette affaire venue au point oîi la voilà N'est pas assurément pour en demeurer là ; II faut qu'elle passe outre; et Lucile et Valère , Surpris des nouveautés d'un semblable mystère, Voudront chercher un jour dans ces obscurités , Par qui tous mes projets se verront avortés. Car enfin, soit qu'Albert ait part au stratagème , Ou qu'avec tout le monde on l'ait trompé lui-même S'il arrive une fois que mon sort éclairci Mette ailleurs tout le bien dont le sien a grossi, Jpgez s'il aura lieu de souffrir ma présence : Son intérêt détruit me laisse à ma naissance; C'est fait de sa tendresse; et quelque sentiment Où pour ma fourbe alors pût être mon amant, Voudra-t-il avouer pour épouse une fille Qu'il verra sans appui de bien et de famille?
FROSI>E.
Je trouve que c'est là raisonner comme il faut ;
Mais ces réflexions devaient venir plus tôt.
Qui vous a jusqu'ici caché cette lumière?
11 ne fallait pas être une grande sorcière
Pour voir , dès le moment de vos desseins pour lui ,
Tout ce que votre esprit ne voit que d'aujourd'hui ;
L'action le disait; et dès que je l'ai sue.
Je n'en ai prévu guère une meilleure issue.
Que dois-je faire enfin? Mon trouble est sans pareil : Mettez-vous en ma place, et me donnez conseil.
FROSINE
Ce doit être à vous-même , en prenant votre place , A me donner conseil dessus cette disgrâce :