‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 120 sur 1284 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ASCAGKE, FROSINE.

L'aventure est fâcheuse.

ASCAGNE

Ah ! ma chère Frosine, Le sort absolument a conclu ma ruine.

Cette affaire venue au point oîi la voilà N'est pas assurément pour en demeurer là ; II faut qu'elle passe outre; et Lucile et Valère , Surpris des nouveautés d'un semblable mystère, Voudront chercher un jour dans ces obscurités , Par qui tous mes projets se verront avortés. Car enfin, soit qu'Albert ait part au stratagème , Ou qu'avec tout le monde on l'ait trompé lui-même S'il arrive une fois que mon sort éclairci Mette ailleurs tout le bien dont le sien a grossi, Jpgez s'il aura lieu de souffrir ma présence : Son intérêt détruit me laisse à ma naissance; C'est fait de sa tendresse; et quelque sentiment Où pour ma fourbe alors pût être mon amant, Voudra-t-il avouer pour épouse une fille Qu'il verra sans appui de bien et de famille?

FROSI>E.

Je trouve que c'est là raisonner comme il faut ;

Mais ces réflexions devaient venir plus tôt.

Qui vous a jusqu'ici caché cette lumière?

11 ne fallait pas être une grande sorcière

Pour voir , dès le moment de vos desseins pour lui ,

Tout ce que votre esprit ne voit que d'aujourd'hui ;

L'action le disait; et dès que je l'ai sue.

Je n'en ai prévu guère une meilleure issue.

Que dois-je faire enfin? Mon trouble est sans pareil : Mettez-vous en ma place, et me donnez conseil.

FROSINE

Ce doit être à vous-même , en prenant votre place , A me donner conseil dessus cette disgrâce :

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