‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1223 sur 1284 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BÉLINE, ARGAN.

ARGAN

Ail! ma femme, approchez.

Qu'avez-vous, mon pauvre mari?

ARGAN

Venez-vous-en ici à mon secours.

BÉLINE.

Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a, mon petit fils?

ARGAN

M'amie!

BÉLINE.

Mon ami !

• ARGAN

On vient de me inettre en colère.

BÉIINE.

Hélas! pauvre petit mari! Comment donc, mon

ami ?

ARGAN

Votre coquine de Toinette est devenue plus insolente que jamais.

BELINE.

Ne vous passionnez donc point.

ARGAN

Elle m'a fait enrager, m'amie.

CÉLINE

Doucement, mon (ils.

ARGAN

Elle a contrecarré, une heure durant, les choses que je veux faire.

BÉLINE.

Là, là, tout doux.

ARGAN

Et a eu l'effronterie de me dire que je ne sui,point malade.

BELINE.

C'est une impertinente.

ARGAN

Vous savez , mon coeur, ce qui en est.

BÉLI.\E.

Oui , mon cœur, elle a tort.

ARGAN

M'amour, cette coquine-là me fera mourir.

BÉLINE.

Hé lu , hé là.

ARGAN

Elle est cause de toute la bile que je fais.

BELINE.

Ne vous fâchez point tant.

AKGAN.

Et il y a je ne sais combien que je vous dis de me la chasser,

BÉLINE.

Mon Dieu! mon Bis, il n'y a point de serviteurs et de servantes qui n'aient leurs défauts. On est contraint parfois de souffrir leurs mauvaises qualités, à cause des bonnes. Celle-ci est adroite, soigneu.se, diligente, et surtout Odèle; et vous savez qu'il faut maintenant de grandes précautions pour les gens que l'on prend. Holà ! Toinette!

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