SCENE XL
BÉLWE, dans la maison; ANGÉLIQUE, TOINETTE.
BÉUNE.
Toinette !
TOINETTE , à Angélique.
Voilà qu'on m'appelle. Bonsoir. Reposez-vous sur moi.
PREMIER INTERMEDE.
Le théâtre change, et représente une ville.
Polichinelle, dansia nuit, vient pour donner une sérënadeà sa maîtresse. Il est interrompu d'abord par des violons contre loîquels il se met en colère , et ensuite par le guet , composé de musiciens et de danseurs.
POLICHDiELLE.
O aniom-, amour, amour, amour! Pauvre Polichinelle, quelle diable de fantaisie t'es-tu allé mettre dans la cervelle ! A quoi l'amuses-lu , misérable insensé que tu es ? Tu quittes le soin de ton négoce, et tu laisses aller les affaires à l'abandon; tu ne manges plus, tu ne bois presque plus, lu perds le repos de la nuit ; et tout cela , pour qui ? Pour une dragonne, franche dragonne; ime diablesse qui le rembarre, et se moque de tout ce que tu peux lui dire. Mais il n'y a point à raisonner là-dessus. Tu le veux, amour; il faut être fou comme beaucoup d'autres. Cela n'est pas le mieux du monde à un homme de mon âge; mais qu'y faire? On n'est pas sage quand on veut, et les vieilles cervelles se démontent comme les jeunes. Je viens voir si je ne pourrai point adoucir ma tigresse par une sérénade. Il n'y a rien parfois qui soit si touchant qu'un amant qui vient chanter ses doléances aux gonds et aux verrous de la porte de sa maîtresse. (Après avoir pris son luth. ) Voici de quoi accompagner ma voix. O nuit ! (> chère nuit! porte mes plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible.
Nott' e di, v' am' e v' adoro; Cerc' un si , per mio ristoro ;
Ma se voi dite di no ,
Beir ingrata , io morirô.
Frà la speranza S'afllige il cuore , In lontanauza Consuni' a l'hore ; Si dolce iuganno Che rai figiua Brève l'affanno , Ahil troppo dura!
Cosi per tropp' amar languisco e rauoro.
Nott' e di , v' am' e v' adoro ; Cerc' un si , per mio ristoro :
Ma se voi dite di nô ,
Beir ingrata , io morirô.
Se non dormite, Almen pensate Aile ferite
Cb' al cuor mi fate :
Dell! ahnen fingete, Per mio conforto , Sem'uccidete, D'haveril torto; Voslia pielà mi scemerà il martoro.
Nott' e di, v' am' e v' adoro; Cerc' un si , per mio ristoro :
Ma se voi dite dinô,
Beir ingrata, io morirô '.
« Nuit et jour je vous aime et vous adore. Je clierche un oui qui me restaure ; Mais si vous me répondez noo , Belle ingrate , je mourrai.