SCÈNE X
BÉLINE, ARGAN.
pour voir si vous saurez porter un bon jugement de son pouls. Quid dlcis?
THOMAS DIAFOIBUS.
Dico que le pouls de monsieur est le pouls d'un homme qui ne se porte point bien.
MONSIEUR DIAFOtEUS.
Bon.
THOMAS DIAFOIKUS.
Qu'il est duriuscule, pour ne pas dire dur.
MONSIEUR niAFOIRUS.
Fort bien.
THOMAS DIAFOIKUS.
Repoussant.
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Ilene.
THOMAS DIAFOIKUS.
Et même un peu caprisant.
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Optime.
THOMAS DIAFOIKUS.
Ce qui marque une intempérie dans le parenchyme splénique, c'est-à-dire la rate '.
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Fort bien.
ARGAN
Non ; monsieur Purgon dit que c'est mon foie qui est malade.
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Et oui : qui à.\\. parenchyme dit l'un et l'autre, à cause de l'étroite sympathie qu'ils ont ensemble par le moyen du vas brève, Anpylore, et souvent des méats cholidoques. Il vous ordonne sans doute de manger force rôti ' ?
Non; rien que du bouilli.
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Et oui : rôti, bouilli, même chose. Il vous ordonne fort prudemment , et vous ne pouvez être entre de meilleures mains.
AKGAN.
Monsieur, combien est-ce qu'il faut mettre de grains de sel dans un œuf?
MONSIEUR DIAFOIKUS.
Six , huit , dix , par les nombres pairs, comme dans les médicaments par les nombres impairs.
ARGAN
Jusqu'au revoir, monsieur.
■ Parenchyme est un terme (le médecine par lequel on désigne la suljstance d'un viscère. Parenchyme splénique signilie la substance de la rate. ( L. B. )
» y as brève, mots latins qui désignent un vaisseau situé au fond de l'estomac. Pylore, orilice inférieur de l'estomac. Méats cholidoques, ou plutôt cholédoques, se dit du canal qui conduit la bile du foie dans le duodénum.
BÉLINE.
Je viens , mon fils , avant que de sortir, vous donner avis d'une chose à laquelle il faut que vous preniez garde. En passant par-devant la chambre d'Angélique, j'ai vu un jeune homme avec elle, qui s'est sauvé d'abord qu'il m'a vue.
Un jeune homme avec ma fille!
BÉLINE.
Oui. Votre petite fille Louison était avec eux, qui pourra vous en dire des nouvelles.
ARGAN
Envoyez-la ici, m'amour, envoyez-la ici. Ah! l'effrontée ! {seul. ) Je ne m'étonue plus de sa résistance.