‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1272 sur 1284 · SCENE XXI · texte numérisé non relu

SCENE XXI

ARGAiN, ANGÉLIQUE, CLÉANTE, TOINETTE.

CLÉAME.

Qu'avez-vous donc, belle Angélique? et quel malheur pleurez-vous ?

ANGÉLIQUE

Hélas ! je pleure tout ce que dans la vie je pouvais perdre de plus cher et de plus précieux ; je pleure la Tiiort de mon père.

CLÉA>TE.

O ciel! quel accident! quel coup inopiné! Hélas! après la demande que j'avais conjuré votre oncle de lui faire pour moi , je venais me présenter à lui , et tâcher, par mes respects et par mes prières, de disposer son cœur à vous accorder à mes vœux.

ANGÉLIQUE

Ah! Cléante, ne parlons plus de rien; laissons là toutes les pensées du mariaî;e. Après la perte de mon père, je ne veux plus être du monde, et j'y renonce pour jamais. Oui, mon père, si j'ai résisté tantôt à vos volontés, je veux suivre du moins une de vos intentions, et réparer par là le chagrin que je m'accuse de vous avoir donné, {se jetant à ses genoux.) Souffrez, mon père, que je vous en donne ici ma parole, et que je vous embrasse pour vous témoigner jnon ressentiment.

AKGAN, embrassant Angélique.

Ah! ma fille!

ANGELIQUE

Ahi!

AEGAN.

Viens. N'aie point de peur; je ne suis pas mort. Va, tu es mon vrai sang, ma véritable lille; et je suis ravi d'avoir vu ton bon naturel.

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