L'ETOURDI, ACTE II, SCÈNE I
J'ai mal jugé de toi , j'ai lort , je le confesse.
{tirant sa bourse.) Mais je veux réparer ma faute avec ceci Pourrais-tu te résoudre h me quitter ainsi?
MASCABILLE.
Non, je ne le saurais, quelque effort que je fasse ; Mais votre promptitude est de mauvaise grflee. Apprenez qu'il n'est rien qui blesse un noble cœur Conunequandilpeutvoirqu'onletoucheenriionneur.
IIIPPOLVTE.
Il est vrai , je t'ai dit de trop grosses injures : Mais que ces deux louis guérissent tes blessures.
MA.SCABILLE.
Eh ! tout cela n'est rien ; je suis tendre à ces coups. Mais déjà je commence à perdre mon courroux ; Il faut de ses amis endurer queUjue chose.
niFPOLYTE.
Pourras-tu mettre à fin ce que je me propose. Et crois-tu que l'effet de tes desseins hardis Produise à mon amour le succès que tu dis?
MASCABILLE.
N'ayez point pour ce fait l'esprit sur des épines. J'ai des ressorts tout prêts pour diverses machines; Et quand ce stratagème à nos vœux manquerait. Ce qu'il ne ferait pas , un autre le ferait.
HIPPOLYTE
Crois qu'Hippolyte au moins ne sera pas ingrate.
MASCABILLE.
L'espérance du gain n'est pas ce qui me flatte.
HIPPOLYTE
Ton maître te fait signe , et veut parler à toi : Je te quitte; mais songe à bien agir pour moi.