‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 190 sur 1284 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DONE ELVIRE, ÉLISE

DONEELYIEE. [nill.intS,

Non , ce n'est point un choix qui , pour ces deu.\ Sut régler de mon cœur les secrets sentiments ; Et le prince n'a point , dans tout ce qu'il peut être , Ce qui fit préférer l'amour qu'il fait paraître. Don Sylve, comme lui, fit briller à mes yeux Toutes les qualités d'un héros glorieiLx; Ak'me éclat de vertus , joint à même naissance , l\Ie parlait en tous deux pour cette préférence; Et je serais encore à nommer le vainqueur, Si le mérite seul prenait droit sur un cœur ; Mais ces chaînes du ciel qui tombent sur nos unies

Décidèrent en moi le destin de leurs flammes; Et toute mon estime, égale entre les deux , Laissa vers don Garcie entraîner tous mes vœux.

ÉLISE

Cet amour que pour lui votre astre vous inspire N'a sur vos actions pris que bien peu d'empire , Puisque nosyeiLv, madame, ont pu longtemps douter Qui de ces deux amants vous vouliez mieux traiter.

DONE ELVIHE.

De ces nobles rivaux l'amoureuse poursuite A de fiicheux combats. Élise, m'a réduite. Quand je regardais l'un, rien ne me reprochait Le tendre mouvement oîi mon âme penchait ; Mais je me l'imputais à beaucoup d'injustice, Quand de l'autre à mes yeux s'offrait le sacrifice : Et don Sylve , après tout , dans ses soins amoureux , INIe semblait mériter un destin plus heureux. .Te m'opposais eneor ce qu'au sang de Castille Du feu roi de Léon semble devoir la fille; Et la longue amitié qui , d'un étroit lien , •Toignit les intérêts de son père et du mien. Ainsi , plus dans mon âme un autre prenait place. Plus de tous ses respects je plaignais la disgrâce : Ma pitié, complaisante à ses brillants soupirs. D'un dehors favorable amusait ses désirs , Et voulait réparer, par ce faible avantage. Ce qu'au fond de mon cœur je lui faisais d'outrage.

ÉLISE

Mais son premier amour, que vous avez appris, Doit de cette contrainte affranchir vos esprits; Et puisque avant ces soins, où pour vous il s'engage , Done Ignés de son cœur avait reçu l'hoinmage, Et que, par des liens aussi fermes que doux. L'amitié vous unit, cette comtesse et vous, Son secTet révélé vous est une matière A donner à vos vœux liberté tout entière; Et vous pouvez sans crainte, à cet amant confus,

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