DONE ELVIRE, DON ALVAR, ÉLISE
DONE ELVIBE.
■Votre retour surprend ; qu'avez-vous à m'apprendre ? Don Alphonse vient-il ? a-t-on lieu de l'attendre?
DON ALVAB.
Oui , madame; et ce frère en Castille élevé, De rentrer dans ses droits voit le temps arrivé. Jusqu'ici don Louis, qui vit à sa prudence Par le feu roi mourant commettre son enfance , A caché ses destins aux yeux de tout l'État , Pour l'ôter aux fureurs du traître IMauregat ; Et bien que le tyran , depuis sa lâche audace. L'ait souvent demandé pour lui rendre sa place , Jamais son zèle ardent n'a pris de srtreté A l'appât dangereux de sa fausse équité : Srais les peuples émus par cette violence Que vous a voulu faire une injuste puissance, Ce généreux vieillard a cru qu'il était temps D'éprouver le succès d'un espoir de vingt ans : Il a tenté Léon, et ses fidèles trames. Des grands, comme du peuple, ont pratiqué les âmes, Tandis que la Castille armait dix mille bras Pour redonner ce prince aux vœux de ses États : Il fait auparavant semer sa renommée.
Et ne veut le montrer qu'en tète d'une armée , Que tout prêt à lancer le foudre punisseur. Sous qui doit succomber un lâche ravisseur. On investit Léon , et don Sylve en personne Commande le secours que son père vous donne.
DONE ELVIBE.
Vn secours si puissant doit llatter notre espoir;
Mais je crains que mon frère y puisse trop devoir.
DON ALVAIl.
Mais, madame, admirez que, malgré la temii^te Que votre usurpateur voit gronder sur sa tête. Tous les bruits de Léon annoncent pour certain Qu'à la comtesse Ignés il va donner la main.
DONE ELVIBE.
Il cherche dans l'hymen de cette illustre fille L'appui du grand crédit où se voit sa famille; Je ne rerois rien d'elle, et j'en suis en souci. Mais son cœur au tyran fut toujours endurci.
ÉLISE
De trop puissants motifs d'honneur et de tendresse Opposent ses refus aux nœuds dont on la presse Pour...
DON ALVAB.
Le prince entre ici.