DON GARCIE DE NAVARRE, ACTE V, SCENE I
Voyez bien ce visage, et si de done Ignés
Vos yeux au même instant n'y connaissent les traits.
DON GABCIE.
Ociel!
DONE ELVIBE.
Si la fureur dont votre âme est émue Vous trouble jusque-là l'usage de la vue, Vous avez d'autres yeux à pouvoir consulter, Qui ne vous laisseront aucun lieu de douter. Sa mort est une adresse au besoin inventée Pour fuir l'autorité qui l'a persécutée : Et sous un tel habit elle cachait son sort , Pour mieux jouir du fruit de celte feinte mort.
( à done Ignés. ) Madame, pardonnez, s'il faut que je consente A trahir vos secrets et tromper votre attente; Je me vois exposée à sa témérité.
Toutes mes actions n'ont plus de liberté ; [dre ,
Et mon lionneur, en butte aux soupçons qu'il peut pren- Est réduit à toute heure aux soins de se défendre. ÎS'os doux enibrassements, qu'a surpris ce jaloux, De cent indignités m'ont fait souffrir les coups. Oui , voilà le sujet d'une fureur si prompte, Et l'assuré témoin qu'on produit de ma honte.
( à don Garde. ) Jouissez à cette heure en tyran absolu De l'éclaircissement que vous avez voulu ; Mais sachez que j'aurai sans cesse la mémoire De l'outrage sanglant qu'on a fait à ma gloire; Et si je puis jamais oublier mes serments, Tombent sur moi du ciel les plus grands châtiments ! Qu'un tonnerre éclatant mette ma tête en poudre, I>orsqu'à souffrir vos feux je pourrai me résoudre ! Allons, madame, allons, ôtons-nousdeces lieux Qu'infectent les regards d'un monstre furieux ; Fuyons-en promptement l'atteinte envenimée; Évitons les effets de sa rage animée; Et ne faisons des vœux, dans nos justes desseins, Que pour nous voir bientôt affranchir de ses mains.
DONE IGNÉS, à don Garde.
Seigneur, de vos soupçons l'injuste violence A la même vertu vient de faire une offense.